La mise à l’agenda des enjeux

La mise à l’agenda des enjeux

 

Le thème du cours du 2 octobre 2013  porte sur la gestion des enjeux. Les auteurs du livre de référence du cours CRM 801 , Coombs, W. E.T. Holladay (2010) PR Strategy and Application Managing Influence mentionnent que la gestion des enjeux est une activité importante des relations publiques puisqu’elle requiert une approche finement planifiée de l’interaction entre l’organisation et ses publics. Outre pour bien cerner les éléments liés aux imputabilités des organisations par rapport aux enjeux dans l’exploitation de leurs affaires courantes, les auteurs mentionnent que la gestion des enjeux offre un cadre et des balises pour analyser les activités de groupes activistes. Pourquoi ? Parce que l’emphase sur le changement est dominante dans l’activisme tout comme dans la gestion des enjeux ! Commbs 2010 p. 93 affirme «Clearly, activists are practicing public relations and often in a very complex manner.» Ce qui amène les  auteurs à cette observation relève de l’effet recherché pour influencer les politiques publiques en démocratie. «The concern over public policy looses resulted in the creation of issues management, a systematic and often more proactive approach to addressing public policy concerns.» Commbs 2010 p p. 187

 

Il est intéressant de considérer les enjeux comme des problèmes suffisamment élaborés nécessitant une solution. Un enjeu mal géré peut devenir une crise. L’approche classique en gestion d’enjeux comprend quatre étapes :

 

  1. la mise à l’agenda (augmenter le degré d’attention d’un enjeu à un niveau élevé voire médiatique ou des dirigeants d’une organisation)
  2. la formation d’une politique
  3. la mise en œuvre de la politique
  4. l’évaluation de la politique

 Trois agendas en interaction

 

Dans le chapitre 10, Coommbs stipule que la mise à l’agenda commence par le media agenda bref d’influencer la couverture médiatique c’est-à-dire que l’enjeu soit sélectionné par les médias ( on fait référence ici aux médias conventionnels de masse) puisque le media agenda influence le public agenda c’est-à-dire les enjeux qu’une population considère importants. Ensuite, l’attention se porte sur le policy agenda donc les influenceurs des politiques publiques, les élus et les mandarins d’un état. En somme, ces trois agendas interagissent entre eux et ils sont influencés par des facteurs externes. Tout compte fait, chaque groupe d’intérêt tente de mettre en valeur les enjeux de son agenda !

 

La gestion d’enjeux signifie la collecte d’information au sujet des préoccupations des acteurs actifs pour comprendre et documenter le manque d’adéquation par exemple de projets, concepts, produits, services, etc. d’une organisation ou encore d’une cause sociale émergente dans le but de dégager un équilibre acceptable pour les différentes parties prenantes. En bref, ces informations sur les enjeux procurent des intrants pour permettre une adaptation aux changements attendus. Coombs mentionne que la gestion des enjeux ne concerne pas uniquement une adaptation au contexte d’une politique publique, mais aussi d’entraîner une organisation à s’adapter aux changements dans la société.

 Trois stratégies : un choix délicat

Un enjeu se développe lors d’une divergence entre les comportements d’une organisation et les comportements attendus par ses parties prenantes (Heath in Commbs, 2010 p. 191 ). Cette friction peut nuire à l’harmonie recherchée des interrelations d’une organisation avec ses publics d’où l’importance d’identifier les enjeux de communication en relations publiques. Cette évaluation permettra de concevoir les options de stratégies d’action de l’organisation à savoir si elles doivent être réactives, adaptatives ou dynamiques. (p. 193). La stratégie réactive implique de se préparer aux effets d’un enjeu, la stratégie adaptative de proposer une voie alternative aux actions soulevées et la stratégie dynamique, la plus proactive consiste à anticiper les enjeux et de proposer des solutions tenant compte des intérêts de toutes les parties.

 Question à mes étudiants

De ces trois stratégies, laquelle vous apparaît préférable et pourquoi dans le monde d’aujourd’hui considérant qu’en plus des médias conventionnels s’ajoute les médias sociaux pour influencer les politiques publiques ? Quelle recommandation en terme d’actions mesurables en relations publiques feriez-vous à un client qui doit intervenir comme porte-parole dans un débat public pour faire valoir le point de vue de son organisation au sujet d’un enjeu controversé par les publics de l’organisation?

L’audit de communication en 2013

L’audit de communication en 2013

 

Plusieurs auteurs du domaine des relations publiques font état de l’importance de la conduite d’un audit de communication. Le but : orienter le choix des stratégies de communication et des actions selon les attentes à la fois de l’organisation et de ses parties prenantes. Walter K. Lindenmann considère l’audit de communication comme une analyse systématique pour évaluer le degré d’efficacité et d’efficience des communications d’une organisation avec ses différents interlocuteurs, groupes, etc.

Établir un diagnostic

En clair, l’audit de communication prend en compte l’ensemble des composantes du potentiel communicationnel d’une entreprise afin d’établir un diagnostic pour d’éventuelles recommandations et permettre un choix optimal de stratégies de relations publiques. Autre élément clé, celui d’identifier les liens manquants, les blocages, les résistances tout comme les opportunités, les forces et l’innovation potentielle d’un réseau formel et informel de communication.

Viser des objectifs SMART

Outre de contribuer à l’établissement des buts (intention générale) et les objectifs (SMART) d’un plan d’intervention de relations publiques, un audit rigoureux permet d’établir la chronologie et la priorisation des  objectifs de procédure (efficience, pertinence, qualité de production) et des objectifs d’impact en respectant la séquence causale de la communication ( Information- Attitude-Comportement). Aussi, d’envisager les outils d’évaluation de ces objectifs afin de systématiser la reddition de compte du plan d’intervention découlant de cet audit. Marc David, considère l’audit de communication comme «une phase primordiale, car elle détermine le succès ou l’échec des futures actions du plan d’intervention recommandé».

Cinq volets pour penser l’évaluation des rp

L’audit est généralement requis lors d’initiative requérant des changements importants : revue des actions de communications de l’organisation ( communication interne, web, publicité, commandites, gestion d’enjeux, événements, gestion de crise , etc. ), pour identifier les éléments d’un FFOR (SWOT), une restructuration ou un besoin de nouveau positionnement institutionnel un processus structuré prenant en compte la mission, les valeurs, les réalisations et les attentes de communication. En bref, il s’agit de réaliser le diagnostic de communication de l’organisation. Avec la présence croissante des technologies du 2.0 dans les communications contemporaines insistant sur l’importance de l’écoute, l’audit gagne non seulement à prendre en compte les données des phases de recherche (analyse, stratégie, input) et de production (gestion, distribution, output) mais aussi des phases de l’exposition (portée, outreach), de la réception (compréhension, outake) et de l’impact (résultats, opinions, relations, évolution, outgrow, outcome) des plans d’intervention de relations publiques déjà réalisées par l’organisation. Maisonneuve, 2010 p. 346.

J’ai eu le privilège de collaborer à la rédaction du chapitre 9 L’évaluation et les indicateurs mesurables en relations publiques Maisonneuve, 2010  avec Pierre Bérubé sous la direction de Danielle Maisonneuve. Dans la conclusion de ce chapitre, nous affirmons

que les relations publiques peuvent contribuer au succès et à l’intégration des organisations dans leurs milieux. La valeur de cette contribution est cependant difficile à établir clairement dans un monde où les relations ne sont pas souvent évaluées. Les relations évoluent, elles s’améliorent, se dégradent, se renforcent ou s’étiolent, mais la plupart du temps sans que l’on perçoive clairement ce qui les fait vivre…L’évaluation des relations publiques est essentielle pour permettre un ajustement éclairé des interventions qui permettent de faire évoluer positivement ces relations, dans un esprit de réalisation, de partage et de vie démocratique.

Question pour mes étudiants

Quels sont les arguments à utiliser pour justifier à un client de l’utilité et de la pertinence d’un audit de communication (RP) en 2013 en tenant compte des cinq volets successifs du processus de prestation de services en relations publiques et les types d’indicateurs mesurables pouvant leur être associés. Maisonneuve, 2010 p. 346.

Utiliser un exemple au besoin et pourquoi ne pas cadrer cet exemple avec un ou encore les cinq volets de la page 346 de Maisonneuve, 2010. En somme, faire comme si un client lisait vos conseils dans ce blogue.

Au plaisir de vous lire.

Qu’est-ce qu’une stratégie de relations publiques ?

Dans le séminaire  du 18 septembre du CRM 801 du diplôme de 2e cycle en  Communication appliquée de l’Université de Sherbrooke , nous avons abordé la planification stratégique en relations publiques . Voici en complément, quelques éléments de contexte sur le sujet suivi d’un point d’échange avec mes étudiants. Bonne lecture et vos commentaires sont les bienvenus dans cette discussion avec mes étudiants.

Qu’est-ce qu’une stratégie de relations publiques ?

Dans le vocabulaire des relations publiques, avec mes collègues du certificat de relations publiques de l’Université de Montréal, nous avançons qu’une stratégie de relations publiques est souvent confondue avec les moyens de communication.

En bref, une stratégie de relations publiques concerne généralement l’un des éléments suivants :

  • Un processus de communication à suivre
  • Une ligne directrice d’une action de communication
  • Une orientation d’intervention
  • Des façons de faire cohérentes qui répondent à des objectifs de communication et qui précèdent la mise en œuvre de moyens de communication

Une stratégie de relations publiques constitue la façon, voire l’approche qu’on privilégie pour résoudre ou atténuer les effets d’une problématique de communication. De surcroît, la stratégie de relations publiques doit être modelée sur les objectifs et adaptée au profil, aux attentes et aux préoccupations des publics visés.

Avant les grands moyens

Avant de se lancer dans la production de moyens de communication, la stratégie de relations publiques doit impérativement déterminer les publics cibles à interpeller, définir les objectifs de communication à atteindre (notoriété, image ou comportement), spécifier l’axe de communication à suivre, préciser les messages à transmettre, déterminer les moyens à utiliser pour transmettre ces messages, fixer le momentum idéal pour mettre en œuvre ladite stratégie, et préciser l’échéancier de déploiement à respecter.

Stratégie globale versus stratégie spécifique

Autre considération importante et qui souvent préoccupe davantage le client d’un  professionnel des relations publiques, une stratégie de communication peut se décliner en stratégies spécifiques : stratégie de communication financière, de communication institutionnelle, de relations publiques, de relations de presse, de relations publiques marketing, de communication directe, etc. Il arrive fréquemment que le client s’attarde uniquement à une stratégie spécifique parce qu’il en est imputable sans tenir compte de la stratégie globale de l’organisation dont il est membre. C’est au professionnel des relations publiques de s’assurer de cette intégration des stratégies de relations publiques.

Un seul positionnement institutionnel à la fois

En supposant qu’ il est important que les organisations disposent de message clair de leurs positionnements dans l’espace public afin de ne pas diluer d’information ou générer de la confusion. Qu’en 2013, nos organisations et leurs publics évoluent dans un contexte hypermédiatisé, les citoyens sont confrontés à plusieurs sources d’information, voire de désinformation. Il devient alors difficile pour le récepteur (une personne) de recevoir plusieurs messages différents sur une pluralité de sujets. C’est pourquoi pour se distinguer et répondre aux attentes de ses publics, une organisation gagne  à émettre un seul positionnement institutionnel à la fois. Ce message central devient l’armature de l’ensemble de la communication organisationnelle.

Le mode dialogique selon le contexte

Il est important pour le praticien des relations publiques de se rappeler que l’axe de communication et le message moteur ne sont utilisés que pour la diffusion concertée d’informations institutionnelles et non comme balises aux échanges relationnels avec les diverses parties prenantes de l’organisation. Ces échanges doivent être établis non seulement sur les éléments d’information que l’organisation souhaite diffuser, mais aussi en fonction des besoins d’information exprimés donc mesurés par ses différents interlocuteurs. (Maisonneuve, 2010)

Entre-nous

En vous référant aux conditions susmentionnées, quelles variables de planification sont à prioriser pour l’élaboration d’un plan d’intervention en relations publiques ? Le but recherché dans ces commentaires est de se doter d’une liste de variables à la fois pour élaborer et évaluer des plans d’intervention en relations publiques. Comme nous serons plusieurs personnes à suggérer des variables, chaque étudiant s’en tient à documenter une variable que vous jugez essentielle, exemple l’angle d’un message, le budget, les chances de rejoindre la cible, etc. Proposez  un exemple au besoin et une excellente source à consulter avant de rédiger votre commentaire: le chapitre 4 Strategy Application, Managing Influence (Coombs, W. E.T. Holladay, 2010).

Vocabulaire des relations publiques

Au sujet du vocabulaire des relations publiques, dans le cadre du cours REP3101 – Recherche et évaluation des actions (automne 2008), mes étudiants ont réalisé un premier déblayage conceptuel en vue de la publication de la première phase du Vocabulaire des relations publiques. Ce vocabulaire des relations publiques a ensuite été édité avec mes collègues Patrice Leroux, ARP, responsable du Certificat de relations publiques, Abdellah El Mzem, Serge Leclerc, chargés de cours et il est devenu une référence dans l’industrie des communications. La deuxième phase de ce vocabulaire est en préparation.

CRM 801 Exercice des relations publiques

Pendant la session de l’automne 2013, je proposerai un sujet d’échange avec mes étudiants du CRM 801 Pratiques avancées en relations publiques de l’Université de Sherbrooke. Libre aux internautes et lecteurs de ce blogue de commenter et interagir sur les sujets et les échanges qui seront proposés dans ces billets.

Le thème du premier cours ( 11 septembre) porte sur l’exercice des relations publiques : fonction, éthique et gouvernance. Les auteurs du livre de référence du cours, Coombs, W. E.T. Holladay (2010) PR Strategy and Application Managing Influence accordent de l’importance à l’approche des liens faibles ( théorie des réseaux) pour étudier les interactions entre des groupes de personnes ( publics, parties prenantes) en comparaison avec le fonctionnalisme, une approche dans laquelle l’organisation est une source centrale et génératrice de relations avec des publics. D’ailleurs, une majorité de publications savantes en gestion et en communication s’inspirent largement du fonctionnalisme pour illustrer les types de relations entre une organisation est ses différents publics.

Questions de la semaine :  Le fonctionnalisme est-il la meilleure conception pour étudier les interactions en matière de relations publiques de nos jours ? En se référant aux propos des trois premiers chapitres de Coombs, W. E.T. Holladay (2010), on y retrouve les éléments de base pour la création d’une unité opérationnelle de relations publiques dans une organisation qu’elle soit petite, moyenne ou grande. Si vous deviez mettre sur pied une unité opérationnelle de relations publiques, expliquez dans un bref commentaire votre préférence comme approche ? Opteriez-vous pour une approche centrée sur l’organisation (figure 1.1 p. 5) ou celle des liens faibles ( figure 1.2 p. 7) et pourquoi? Sentez-vous également bien à l’aise d’élaborer votre commentaire avec un angle lié à l’éthique des relations publiques contemporaines. Les exemples sont les bienvenus pour illustrer votre point de vue.

Au plaisir de vous lire !

Bienvenue et échangeons nos idées

Cher visiteur, je vous souhaite la bienvenue sur mon nouveau blogue !

Après avoir essayé avec Blogger que j’ai trouvé bien moins convivial et sous la bonne recommandation de mon collègue Serge Leclerc, j’ai choisi WordPress comme plateforme pour mon blogue.

Le contenu de celui-ci n’engage que moi-même. Les idées, les commentaires ou les propos que je signe dans ce blogue ne sont pas ceux de mes proches, mes amis, mes employeurs, mes étudiants, bref de mes relations. Je parle ici uniquement qu’en mon nom personnel.

Dans ce blogue, je commente sur les sujets qui me passionnent comme la communication publique, les arts, le tourisme, la démocratie pour ne nommer que ceux-ci.

J’inviterai des personnes à s’exprimer sur différents sujets dans un but constructif et de débats sur les idées. Je m’accorde également la liberté d’expression sur d’autres sujets qui pourront alimenter ma curiosité.

Merci à l’avance de vos commentaires, suggestions, idées et échanges !

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