Regard sur les prémisses du modèle social des relations publiques

Comme à chaque session, dans le présent blogue, j’échange avec mes étudiants sur des contenus de nos cours et nos échanges sont ouverts au lecteur citoyen présent sur l’Internet. Mes étudiants sont invités à commenter un sujet que je leur propose et de prêter leur regard critique à un dialogue ouvert sur le domaine des relations publiques. Comme premier sujet, nous échangerons avec Matthieu Sauvé, auteur d’un ouvrage publié en 2010 et intitulé Les relations publiques autrement -Vers un nouveau modèle de pratique (2010).

Comme l’indique Matthieu Sauvé, le rythme de la production de la connaissance des relations publiques et la profusion d’outils de diffusion dont les médias sociaux sont des phénomènes marquants dans l’évolution du secteur des relations publiques. Dans le cours CRM 801 à l’UdeS à la session hiver 2016, nous avons amorcé nos travaux avec certaines approches théoriques proposées par M. Sauvé pour analyser la conception des relations publiques modernes et des concepts clés qui méritent une attention pour la pratique des relations publiques ou une organisation soucieuse de la qualité et de la gestion de ses relations avec ses différents publics. Ces éléments sont détaillés dans les chapitres deux et trois de l’ouvrage de Sauvé (2010) desquels, nous pouvons retenir plusieurs éléments clés comme cadre d’analyse des études de cas à venir dans nos prochains cours du CRM 801.

Si le domaine des relations publiques a franchi plusieurs étapes depuis le début du 20e siècle allant d’une approche initiale unidirectionnelle, au 21e siècle, la communication bidirectionnelle est omniprésente dans les organisations communicantes. Même si la communication unidirectionnelle est primée selon les contextes de communication comme dans les campagnes d’information-promotion ou lors de campagnes de communication contre le tabagisme, depuis quelques années, la communication bidirectionnelle est priorisée tant dans les relations publiques tout comme les relations publiques marketing et dans l’ensemble de l’industrie des communications.

Pour mes étudiants du CRM 801

Nous avons vu les principaux éléments constitutifs du concept de relations publiques dans les modèles managérial et social dont la nature des relations publiques est différente (figure 4.1 p. 75 Sauvé, 2010). Dans le modèle managérial, les relations publiques sont une fonction de gestion de l’organisation et dans le modèle social, les relations publiques sont une fonction de communication au service de l’ensemble des parties prenantes. Certains projets comme les oléoducs, les lignes de transport d’électricité, les infrastructures, etc, gagnent à considérer les relations publiques avec le modèle social compte tenu de l’importance des nombreuses parties prenantes.

Question

En vous référant à Sauvé 2010 et particulièrement de la figue 4.2 de la page 79 au sujet de la mise en présence des parties prenantes, parmi les prémisses proposées par l’auteur dans le chapitre 4, nommer puis commenter deux prémisses qui selon vous, devraient être priorisées au sujet projet Énergie Est qui retient l’attention depuis plusieurs mois ?

Le projet Oléoduc Énergie Est de la compagnie TransCanada consiste à construire un nouvel oléoduc qui transportera environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour, de l’Alberta et de la Saskatchewan, vers des raffineries situées au Québec et au Nouveau¬-Brunswick.

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56 commentaires

  1. Susie L

     /  29 janvier 2016

    Comme si la compagnie TransCanada avait été mise au courant du travail que nous avions à faire (Big Brother ?!), comme si elle venait de réaliser qu’elle avait tout à gagner à changer son modèle de relations publiques, un de ses représentants promettait cette semaine, en entrevue avec Michel C. Auger, un « changement de ton » (1). Réelle intention ? Cela restera à vérifier. Si TransCanada souhaite effectivement changer ses pratiques de communication, elle aurait avantage à tenir compte de, entre autres, ces deux prémisses du modèle social des relations publiques (Sauvé 2010) :

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.
    Force est de constater qu’il ne suffit pas de faire miroiter quelques bénéfices économiques pour faire accepter à la société n’importe quel projet. On ne peut parler qu’en termes de profits et fournir des réponses évasives sur des thèmes tels que la protection de l’environnement et la sécurité de plusieurs communautés. TransCanada s’en est sûrement aperçu à force de se faire critiquer et voir son projet remis en question par des groupes écologistes, par des citoyens et par des décideurs. La mobilisation contre la construction d’un terminal pétrolier à Cacouna et l’opposition de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) en sont des exemples. TransCanada ne peut plus se permettre de simplement imposer son projet, de le « vendre » par des stratégies telles que celles proposées dans le rapport de l’agence Edelman (2). Elle doit dès maintenant tenter d’établir un dialogue authentique impliquant toutes les parties prenantes.

    Prémisse 4 : La liberté de formuler un discours doit s’accompagner de la reconnaissance du fait que celui-ci peut légitimement être critiqué ou déconstruit.
    En établissant un dialogue authentique, TransCanada reconnaît non seulement le droit de toutes les parties prenantes de s’exprimer sur le projet Énergie Est, mais elle reconnaît également ne pas détenir la vérité absolue. Ainsi, lorsque la CMM présente ses 37 recommandations, TransCanada a tout intérêt à les accepter, en tenir compte, puis se pencher sur la possibilité de trouver un terrain d’entente AVEC la CMM afin de faire avancer le projet.

    Sources
    (1) http://ici.radio-canada.ca/emissions/midi_info/2015-2016/chronique.asp?idChronique=395948
    (2) http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/424197/comment-vendre-un-pipeline-aux-quebecois

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    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @Suzie L. : Les commentaires que vous formulez et les exemples que vous apportez sont pertinents. Je ne sais pas combien de temps il faudra, ni jusqu’où ça ira, mais nous assistons depuis quelques années à une sorte de rééquilibrage entre les intérêts des organisations et ceux de la société civile, comme si on se rendait compte que les deux ne sont pas mutuellement exclusifs et que toute la société civile peut gagner d’une prise en compte globale des enjeux. L’époque où ce qui était bon pour GM était aussi bon pour l’Amérique s’éloigne lentement mais surement ;-)

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    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @ Susie L : excusez-moi, j’ai fait une faute dans votre prénom :-(

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  2. Amélie Charbonneau

     /  30 janvier 2016

    Depuis son annonce en août 2013, le projet Oléoduc Énergie Est de la compagnie TransCanada suscite maintes controverses dans les médias et sur l’espace public. Alors que l’entreprise canadienne vante les aspects économiques de son mégaprojet, plusieurs groupes environnementaux et politiciens s’opposent à celui-ci. En effet, autant Greenpeace que le maire de Montréal dénoncent les effets néfastes sur l’environnement qui découleraient de la construction d’un tel oléoduc. D’ailleurs, Denis Coderre a affirmé le 21 janvier dernier que « [l]e projet Énergie Est n’obtient pas la note de passage du point de vue économique, social, environnemental et de la sécurité publique. » (1) Il va sans dire que plusieurs citoyens se positionnent également contre le projet Énergie Est. En effet, selon un sondage réalisé par la firme SOM, 57% des Québécois étaient en désaccord avec le mégaprojet d’oléoduc en novembre 2015, alors qu’il obtenait un soutient de la population à 70% en 2014. (2) Dans une telle situation, il est évident que TransCanada aurait intérêt à revoir la façon de faire ses relations publiques. Afin de développer un plan de relations publiques efficace, TransCanada devrait particulièrement prioriser ces deux prémisses du modèle social des relations publiques établies par Matthieu Sauvé.

    Prémisse 1 : la société est d’abord un espace public et non un espace marchand

    Depuis l’annonce de son projet, TransCanada ne fait que prôner les retombées économiques qui s’ensuivraient de la construction de l’oléoduc, en faisant fi des considérations environnementales. Certes, TransCanada a essayé de rassurer les citoyens en affirmant investir des centaines de millions de dollars en entretien pour s’assurer que le réseau soit sécuritaire autant pour eux que pour l’environnement, mais leurs actions demeurent trop vagues et peinent à convaincre le public. TransCanada devrait davantage orienter son discours vers l’environnement et la sécurité plutôt que sur l’économie, puisque ce sont ces aspects qui inquiètent le public, surtout depuis l’accident ferroviaire de Lac-Mégantic. Plutôt que d’essayer d’imposer une vision économique aux citoyens sans dialoguer avec eux, sans essayer de comprendre leurs questions et leurs inquiétudes, TransCanada aurait intérêt à établir un système de communication bidirectionnelle. Comme l’affirme Sauvé, la pratique des relations publiques doit être « […] inspirée par les principes de la médiation et reposant sur la communication et sur la volonté de coopération plutôt que sur un rapport de forces. » (Sauvé 2010, p. 81) Ainsi, plutôt que d’essayer de FORCER les citoyens à adhérer au projet, comme le proposait d’ailleurs la firme de relations publiques Edelman en 2014 dans son plan qui parlait de « mettre de la pression » sur les opposants et « d’enroler » des tierces parties afin qu’elles écrivent dans les pages d’opinion des journaux (3), TransCanada gagnerait à trouver un terrain d’entente en négociant avec toutes les parties prenantes.

    Prémisse 3 : le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité

    Selon Sauvé, « […] la vie dans une société démocratique commande que tous les acteurs sentent qu’ils ont légitimement voix au chapitre et qu’ils sont encouragés à exprimer cette voix. » Ainsi, toutes les parties prenantes doivent faire entendre leur voix et surtout être écoutées par les autres acteurs concernés. Dans un tel contexte, TransCanada devrait consulter les communautés et groupes directement concernés par le projet d’oléoduc, mais également tous les citoyens qui désirent se faire entendre. Ainsi, TransCanada devrait miser sur l’événementiel en faisant par exemple des consultations publiques, afin d’informer la population de son projet, mais aussi dans l’objectif d’écouter le discours de tous les citoyens et de répondre à leurs questions. TransCanada affirme qu’il y a eu plus de 115 événements citoyens depuis l’annonce du projet, auxquels environ 9000 Canadiens ont assisté. Bien que leur effort de rejoindre la population soit honorable, celui-ci est nettement insuffisant dans le cadre d’un aussi gros projet. En effet, si seulement 9000 Canadiens ont participé aux 115 événements depuis 2013, ceci veut dire que chaque événement comptait en moyenne 80 personnes. Comment TransCanada pense-t-elle pouvoir obtenir l’assentiment de la majorité de la population avec de tels événements ? Clairement, l’entreprise canadienne doit rejoindre davantage la population en utilisant le plus de plateformes possible, que ce soit par l’entremise d’événements municipaux, de conférences dans les écoles et les universités, de consultations publiques, des médias sociaux, etc. L’important est que TransCanada offre aux citoyens la possibilité de se faire entendre, d’être écoutés et, surtout, d’être compris.

    Finalement, j’aurais une question pour Matthieu Sauvé. La prémisse 6 édicte que « toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits. » Dans le contexte du projet Énergie Est, comment une telle situation pourrait-elle être réalisée selon-vous ?

    Sources :
    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2016/01/21/001-transcanada-oleoduc-energie-est-opposition-montreal-laval-longueuil-repentigny.shtml
    (2) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201511/25/01-4924834-57-des-quebecois-contre-energie-est-selon-un-sondage.php
    (3) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/11/18/001-fuite-strategie-communication-transcanada-pipeline.shtml

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    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @ Amélie Charbonneau : avant de répondre à votre question, permettez-moi un commentaire. En toute transparence – et pour rire aussi un peu – au moment où j’ai écrit que la pratique des relations publiques devait être « […] inspirée par les principes de la médiation et reposant sur la communication et sur la volonté de coopération plutôt que sur un rapport de forces », je me suis joyeusement fait traiter d’idéaliste, d’utopiste et un peu de révolutionnaire de gauche par certains collègues de la profession (ce qui ne m’a pas fait changer d’idée, cela dit). Maintenant, en réponse à votre question, je n’ai pas la prétention d’avoir une réponse globale. Cependant, je crois que la prise en compte des inquiétudes environnementales des citoyens et l’engagement à mettre en place des mesures sérieuses pour y répondre constitueraient sans doute des premiers pas dans la bonne direction.

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  3. Valérie Bélanger

     /  31 janvier 2016

    Le projet Énergie Est divise l’opinion publique depuis plus d’un an déjà : en novembre 2014, Greenpeace révélait avoir obtenu des documents (1) concernant la stratégie adoptée par TransCanada, sous conseil de la firme Edelman, afin de promouvoir la construction d’un réseau d’oléoducs sur 4 600 km (2). Favorisant l’utilisation de stratégies de communications oppressives, voire très agressives, ces documents mettaient de l’avant le manque de considération de TransCanada à l’égard des citoyens québécois. Pourtant, la compagnie aurait intérêt à centrer son mandat de communication autour d’un modèle social, plutôt que managérial : en effet, les arguments (principalement économiques) mis de l’avant par TransCanada n’ont pas su rallier le public, puisque un sondage mené en novembre 2015 révélait que 57% des québécois étaient contre le projet (3). Les deux prémisses que TransCanada devrait prioriser, à mon humble avis, sont les suivantes :

    Prémisse 3 : Le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité. ( Sauvé, 2010, p.81)

    Considérant l’ampleur du projet Énergie Est, TransCanada DOIT tenir compte de toutes les parties prenantes. La compagnie doit cesser de centrer ses actions sur certains groupes seulement, en ignorant le reste du Québec : les portes-ouvertes (4) devraient avoir lieu dans toutes les villes, qu’elles soient sur le tracé du réseau d’oléoducs ou pas. Tout le monde devrait avoir l’occasion de s’informer et de discuter avec les représentants du projet, qu’ils soient réfractaires à ce dernier ou non. Toutes les parties prenantes ont voix au chapitre et « la vie dans une société démocratique commande que tous les acteurs sentent qu’ils sont encouragés à exprimer cette voix. » (Sauvé, 2010, p.82) En faisant preuve de beaucoup plus de transparence, en faisant sentir qu’il ne s’agit pas seulement d’un gros coup d’argent, TransCanada réussirait peut-être à gagner la confiance du public, ou du moins elle susciterait beaucoup de méfiance et de mécontentement. De plus, l’appui des citoyens encouragerait certainement l’appui des élus municipaux et, ultimement, des élus fédéraux. Enfin, la troisième prémisse va de pair, selon moi avec la cinquième, qui stipule que « toutes les parties prenantes sont en droit de considérer que leurs intérêts ont une valeur intrinsèque. » (Sauvé, 2010, p.82) TransCanada se doit d’écouter les plaintes et les inquiétudes des citoyens, des groupes environnementaux avec la même volonté de les satisfaire que lorsqu’elle écoute les demandes de ses fournisseurs, les recommandations des scientifiques ou des relationnistes de presse, etc.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits. (Sauvé, 2010, p.83)

    Cette prémisse me semble importante à prendre en considération, bien qu’elle soit des plus utopiques et improbables (que ce soit dans le cas du projet Énergie Est ou dans n’importe quel cas suscitant la controverse). Dans un monde idéal, TransCanada s’assurerait que le projet Énergie Est satisfasse absolument toutes les parties prenantes, que ce soit en partie ou en totalité. Dans un monde idéal, le projet Énergie Est ne serait pas dommageable pour l’environnement, ni dangereux pour la sécurité et la santé des citoyens, en plus d’occasionner d’importantes retombées économiques et j’en passe. Malheureusement, comme il s’agit de la réalité, il est certain que les intérêts de toutes les parties prenantes ne seront pas satisfaits. Cela ne signifie pas que cette prémisse soit vaine, bien au contraire. Selon moi, il est important de s’inspirer de cette prémisse, en ce sens où toutes les parties prenantes devraient au moins avoir le sentiment que leur voix a été réellement entendue et que tous les efforts possibles ont été mis en œuvre pour satisfaire leur demande.

    Sources :
    (1) http://www.greenpeace.org/canada/Global/canada/file/2014/11/FAITSSAILLANTS-Edelman-TC-Fr1.pdf
    (2) http://www.transcanada.com/oleoduc-energie-est.html
    (3) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201511/25/01-4924834-57-des-quebecois-contre-energie-est-selon-un-sondage.php
    (4) http://www.oleoducenergieest.com/participation/evenements-locaux/

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    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @ Valérie Bélanger : si nous vivions dans un monde idéal, je crois bien que ça se saurait :-) Dans l’intervalle, le mieux que nous puissions faire est, au minimum, d’accorder une certaine attention aux points de vue de toutes les parties prenantes, ce qui inclut l’entreprise en cause ici. Par ailleurs, les éléments de stratégie que vous fondez sur la prémisse 3 me semblent des plus pertinents.

      Répondre
  4. Dans le cadre d’un projet territorialement si important (on parle tout de même d’un oléoduc de 4 600 km s’étendant depuis l’Alberta jusqu’aux maritimes), il importe de mettre en lumière tous les aspects relatifs à sa réalisation et de créer un discours multidirectionnel avec l’ensemble des (nombreuses) parties prenantes concernées (incluant l’organisation). Le modèle managérial des relations publiques ne suffit pas, tandis que le modèle social s’impose ici de façon toute naturelle.

    «Prémisse no 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.»

    Le modèle présenté par Matthieu Sauvé privilégie une « pratique inspirée par les principes de la médiation et reposant sur la communication et sur la volonté de coopération plutôt que sur un rapport de forces. » Au-delà des intérêts individuels divergents et de la recherche de profits liés au pétrole, TransCanada doit écouter activement, faire preuve de compréhension et énoncer des pistes de solutions satisfaisantes à l’égard des considérations et craintes exprimées par chacune des parties prenantes – qu’il s’agisse de sécurité, d’environnement ou d’économie par exemples. Pour mettre en lumière la pertinence de son projet, TransCanada doit être capable de créer des ponts. Plutôt que de cultiver les oppositions entre les parties prenantes, l’organisation doit plutôt les inviter à échanger, dans un climat d’ouverture, de transparence et de respect mutuel – un échange auquel TransCanada doit essentiellement prendre part. La récente sortie de Rick Mercer, à laquelle Infoman a rapidement répondu la semaine dernière (1), témoigne d’incompréhensions et de l’absence de dialogue entre les différents groupes. Y transparait aussi une négligeable considération à l’égard des parties prenantes ayant des préoccupations autres qu’économiques et différant des objectifs de TransCanada.

    L’absence de TransCanada lors du processus de consultations mené par la Communauté métropolitaine de Montréal (consultations ayant conduit 82 municipalités à refuser l’oléoduc) et son refus à déposer une étude d’impact pour son projet au gouvernement du Québec (2) illustrent un manque de coopération et, au-delà de la diffusion de messages clés (notamment sur un prétendu blogue unidirectionnel qu’il n’est pas possible de commenter (3)), sa conception fondamentalement marchande de l’espace public. Un changement d’attitude s’impose pour prioriser la recherche du bien commun. Après tout, la société devrait plutôt être conçue comme un « projet démocratique ».

    Voilà qui nous conduit directement à la Prémisse no 6 formulée par Sauvé…

    «Prémisse no 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.»

    TransCanada doit être capable de concilier des intérêts opposés et d’ajuster ses objectifs de sorte que chacun puisse y trouver son compte. Les intérêts, valeurs et préoccupations des parties prenantes (instances gouvernementales, groupes environnementaux, citoyens, communautés autochtones, compagnies pétrolières, communauté scientifique, etc.) concernées ne sont forcément pas toujours les mêmes. On cherche alors une vision commune et équitable, un terrain d’entente mutuellement acceptable et juste malgré des enjeux contraires.

    Au delà d’imposer sa seule vision, l’organisation doit faire preuve de flexibilité et d’ouverture, en adaptant son projet aux différentes réalités, connues et comprises grâce à une approche dialogique au sein de laquelle l’organisation agit aussi à titre de partie prenante. Dans cette optique, TransCanada ne chercherait pas nécessairement à persuader et à vendre son projet tel quel à la société, l’organisation proposant alors un projet qui transcende ses propres objectifs.

    Cela étant dit, à ce stade, un changement d’attitude de TransCanada ne serait-il pas plutôt vu comme une tentative de manipulation des parties prenantes?

    Sources:

    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2016/01/29/004-mercer-infoman-pipeline-energie-est.shtml

    (2) http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/461144/transcanada-est-une-entreprise-tres-arrogante-dit-coderre

    (3) http://www.oleoducenergieest.com/blogue/

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    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @ Jean-Claude Bernier : je cite deux passages de votre mot. Le premier : « Pour mettre en lumière la pertinence de son projet, TransCanada doit être capable de créer des ponts. » et le second : « On cherche alors une vision commune et équitable, un terrain d’entente mutuellement acceptable et juste malgré des enjeux contraires. » Dans les deux cas, vous visez juste. Je n’inventerai rien ici en disant que les plus beaux jours du modèle diffusionniste unidirectionnel sont derrière lui. Pour moi, et qu’importe si ça risque d’être long, le modèle conversationnel (bonjour le néologisme!) est clairement celui de l’avenir.

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  5. Laurie Simon-Boursier

     /  31 janvier 2016

    Le projet Oléduc Énergie Est lancé par la compagnie TransCanada ne porte pas uniquement sur des enjeux environnementaux et économiques comme le laisse transparaître les innombrables articles diffusés dans les médias au cours des dernières semaines. La divergence des opinions qu’engendre ce projet pourrait mener, plus tôt que l’on pense, à un conflit collectif. L’équipe de communication de TransCanada a donc grandement intérêt à jouer un rôle de facilitateur, tel que suggéré dans le nouveau modèle de pratique social des relations publiques basé sur la satisfaction équitable des parties prenantes (Sauvé, 2010). Les deux prémisses suivantes proposées par M. Sauvé devraient prédominées dans les prochaines actions de communication qu’entreprendra TransCanada.

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.

    TransCanada a bien tort de penser que le simple fait que ce projet génère des retombées économiques considérables justifie son bien-fondé. Le premier ministre Justin Trudeau a soulevé qu’ « au 21e siècle, [démontrer qu’un projet est dans l’intérêt public] implique une responsabilité environnementale, une approbation communautaire, un partenariat avec les communautés autochtones » (1) L’environnement est un sujet qui ne peut être banalisé, particulièrement à l’ère des changements climatiques qui mobilise l’ensemble des pays à l’international. D’autant plus, que le premier ministre Trudeau doit tenir sa promesse de réformer les évaluations environnementales au pays. Ainsi, TransCanada doit faire preuve de transparence et d’ouverture à discuter des enjeux environnementaux par des actions concrètes de communication, notamment en présentant son plan d’intervention en cas d’urgence, en organisant des séances d’information auprès du public et des consultations auprès de groupes d’intérêts environnementaux, etc. L’équipe de relations publiques de TransCanada doit jouer le rôle de médiateur dans les discussions autour de ce projet, et ce, en démontrant une volonté de coopération de l’organisation envers les diverses parties prenantes.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.

    Force est d’admettre que le projet suscite des intérêts contradictoires d’un grand nombre de parties prenantes, notamment la CMM, les élus municipaux, les députés, les groupes environnementaux, les communautés autochtones et bien d’autres. Il a été dit que « Le maire Coderre a défendu la décision des 82 maires de la Communauté métropolitaine de Montréal de rejeter le projet d’oléoduc Énergie Est dans sa forme actuelle. Il n’a toutefois pas fermé la porte de façon définitive au projet de TransCanada. » (2) Ainsi, en réponse aux 37 recommandations fournies par la CMM, TransCanada doit opter pour un réajustement de ses objectifs afin que cela soit, dans la mesure du possible, équitablement profitable pour tous les acteurs. Pour en arriver à un terrain d’entente entre les diverses parties prenantes, l’organisation doit faire preuve de flexibilité au même titre que les autres acteurs ayant un lien direct avec elle. De ce fait, je crois que la réponse offerte par le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce : « Il y a plusieurs différentes instances qui ont contribué à ce document document […] et nous voulons [répondre] à un certain nombre de préoccupations» (3) démontre un premier pas raisonnable dans la conciliation des intérêts des parties prenantes. La clé réside donc dans le dialogue et l’écoute de toutes les voix qui souhaitent s’exprimer sur le projet.

    Sources
    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/26/001-energie-est-transcanada-trudeau-coderre.shtml
    (2) ibid
    (3) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2016/01/21/001-transcanada-oleoduc-energie-est-opposition-montreal-laval-longueuil-repentigny.shtml

    Répondre
    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @ Laurie Simon-Boursier : honnêtement, je n’ai rien à ajouter. La conciliation n’est pas une avenue à sens unique, vous l’avez très bien saisi.

      Répondre
  6. Sarah Paquin

     /  1 février 2016

    En août 2014, TransCanada s’alliait avec l’agence Edelman afin de « lancer une campagne de “mobilisation citoyenne” visant à promouvoir le projet Énergie Est et décrédibiliser ses détracteurs. » (1) Constitué de trois volets — promouvoir, répondre et faire pression — le plan, au final, était trop peu agressif pour l’entreprise. C’est en effet le troisième et dernier volet qui a plutôt dérangé. Faire pression, afin d’engourdir « l’ennemi », de détourner son attention, cela n’est pas, à mon avis, une bonne façon de gagner la faveur de l’opposition. Si TransCanada souhaite un appui considérable des parties prenantes dans ses démarches d’élaboration du projet Énergie Est, l’entreprise gagnerait fortement à améliorer ses pratiques de communication. Pour ce faire, la prochaine firme de communication qui aura le mandat de redorer l’image de ce projet devrait considérer ces deux prémisses de Matthieu Sauvé. Et la tâche ne sera pas facile…

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.
    Cette prémisse me semble nécessaire dans un projet d’envergure comme Énergie Est. Plusieurs acteurs de plusieurs milieux différents sont impliqués. Je pense notamment à la population canadienne et aux organismes environnementaux. Or, TransCanada semble les avoir oubliés, ce qui est une faute grave. Il ne s’agit pas seulement d’évaluer les retombées économiques que cela apporterait au pays, mais de rassurer les diverses parties prenantes au sujet de leur sécurité et de l’environnement. Pour ce faire, un dialogue transparent et honnête est indispensable entre TransCanada et les différentes parties prenantes. Il ne s’agit pas de présenter un projet dans un rapport de force, comme l’a fait firme Edelman, mais d’échanger sur ce dernier et de coopérer pour retenir le meilleur de tous les partis. Après tout, Énergie Est est un projet démocratique et social, et non pas seulement économique.
    Or, le peu, ou l’absence de consultation à travers le pays, et surtout au Québec, montre que TransCanada néglige les parties prenantes. Depuis son annonce en 2014, seulement 54 événements ont eu lieu (2). Trop peu de gens sont véritablement au courant de ce qui se passe, des conséquences d’un tel projet. Seules les retombées économiques sont claires et précises. Toutefois, ce n’est pas ce que la population veut entendre. Elle veut être rassurée et poser des questions. Mais le manque de coopération et le manque d’écoute de TransCanada montrent qu’au final, l’argent est plus important que la sécurité et l’environnement. Un changement de stratégie illustrerait que TransCanada a à cœur l’intérêt des parties prenantes.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.
    Selon un sondage de la firme SOM, tenu en novembre 2015, 57 % des Québécois sont contre l’oléoduc Énergie Est (3). Cela illustre bien que, pour que la population appuie, en totalité ou en partie, un tel projet, il faut que TransCanada établisse un dialogue, et rapidement. C’est en partie à cause du « refus de TransCanada d’évaluer les conséquences de son projet sur les émissions globales de GES, de considérer le fleuve Saint-Laurent dans sa zone d’impacts ou même de prévoir un scénario de rupture majeure sur ses équipements affecte grandement sa crédibilité auprès de la population ». (4) Être à l’écoute de la population ne veut pas nécessairement dire approuver toutes leurs suggestions. C’est en fait de confirmer que certaines options ne peuvent être considérées et d’expliquer pourquoi. C’est d’être transparent, sans quoi, la population pense qu’on leur ment.
    Il va s’en dire, la population à son mot à dire, et elle tient à le dire. C’est en communiquant avec les parties prenantes, à l’aide d’un dialogue bidirectionnel, qu’il faut trouver une SOLUTION et non pas un COMPROMIS. Cela illustrerait la volonté de TransCanada de satisfaire la population, dans la mesure du possible. Cette prémisse est importante dans le sens où elle privilégie un dialogue entre les parties, et donc, qu’elles seraient entendues et que leurs opinions seraient prises en considération. Il ne s’agit pas là d’approuver et de satisfaire tout le monde, ce qui est impossible, mais au moins d’accepter de coopérer, de concilier « les intérêts contradictoires des groupes qui sont directement en lien avec l’[entreprise] » et ainsi veiller « à ajuster ses objectifs de manière à donner à chacun d’eux une part équitable de satisfaction » (Sauvé, 2010, p.159). Comme plusieurs acteurs sont touchés par le projet Énergie Est, la satisfaction de la plupart des parties prenantes devrait être un objectif important, le plus important peut-être.
    Malgré tout, il est peut-être déjà trop tard…

    (1) http://www.greenpeace.org/canada/Global/canada/file/2014/11/FAITSSAILLANTS-Edelman-TC-Fr1.pdf
    (2) http://www.oleoducenergieest.com/participation/evenements-locaux/
    (3) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201511/25/01-4924834-57-des-quebecois-contre-energie-est-selon-un-sondage.php
    (4) Ibid.

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    • Matthieu Sauvé

       /  1 février 2016

      @ Sarah Paquin : je ne crois pas qu’il soit trop tard. J’ose même espérer que nous assisterons à des changements de ton et d’approche de la part de plusieurs parties prenantes, incluant TransCanada. Cela dit, si on peut espérer une évolution « positive » dans le cas du présent projet, nous devons être conscients qu’il faudra encore pas mal de temps avant de voir un nouveau modèle de dialogue s’implanter sur une large échelle entre les organisations et les parties prenantes de la société civile. Non pas que je sois pessimiste, mais simplement conscient que les mêmes parties prenantes peuvent souvent faire preuve d’une certaine… incohérence entre la parole et le geste (l’entreprise qui dit avoir l’environnement à coeur mais qui ne prend des décisions qu’en fonction de ses actionnaires ou encore, le particulier qui se dit partisan de l’équité sociale mais qui achète des actions de l’entreprise qui ne pense qu’à ses actionnaires). Et comprenez-moi bien, je ne porte pas de jugement, je constate. N’oublions par que l’être humain est un être de contradictions. Mais rendus là, nous sommes très loin des relations publiques ;-)

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  7. Anne-Sophie Thibault

     /  1 février 2016

    Le projet de construction de l’Oléoduc Énergie Est par TransCanada est au cœur de nombreux débats au sein de la population canadienne. En effet, depuis son annonce officielle en août 2013, le projet Énergie Est est au cœur de plusieurs controverses dans les médias et sur la place publique. Des citoyens, des groupes environnementaux (1), de même que des dirigeants nationaux, provinciaux et municipaux (2) s’opposent à ce projet en dénonçant les répercussions néfastes qu’aurait une telle construction pour l’environnement. Malgré une forte opposition et malgré une inquiétude évidente sur le plan environnemental et sécuritaire de plusieurs parties prenantes, TransCanada semble en mesure de parler uniquement des bénéfices économiques de son projet. Résultat : TransCanada est incapable de faire accepter le projet Énergie Est. Compte tenu de la situation actuelle, TransCanada aurait avantage à réorienter son approche et à modifier ses stratégies de relations publiques. À mon avis, l’entreprise devrait orienter ses stratégies en fonctions des deux prémisses du modèle social des relations publiques (Sauvé 2010) suivantes :

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace publique et non un espace marchand.
    Jusqu’à présent, TransCanada a tenté de faire accepter son projet Énergie Est en mettant de l’avant les nombreux bénéfices économiques qui y sont rattachés. Or, il fut rapidement évident que l’argument économique « 55 milliards seront injectés dans l’économie canadienne » (3) serait largement insuffisant pour convaincre la population et ses dirigeants. Étant extrêmement précis quand aux aspects économiques du projet Énergie Est, TransCanada est au contraire très évasif en ce qui concerne les questionnements des parties prenantes concernant l’environnement et la sécurité.
    TransCanada a tenté de vendre son projet à la population en parlant presque uniquement de ses bénéfices économiques. Or, comme l’explique Sauvé, « la pratique des relations publiques […] repose sur la communication et sur la volonté de coopération plutôt que sur un rapport de forces » (Sauvé 2010). Cependant, jusqu’à présent, TransCanada n’a pas été beaucoup à l’écoute des préoccupations de ses parties prenantes et leur a fourni un nombre très limité de réponses. L’entreprise aurait donc avantage a privilégier une meilleure écoute de ses parties prenantes, afin d’entreprendre une communication bidirectionnelle avec celles-ci et d’éventuellement trouver un terrain d’entente, plutôt que de tenter d’imposer un méga projet avec comme seul argument les bénéfices économiques. En adoptant une telle stratégie, les parties prenantes qui, jusqu’à présent, s’opposent au projet se sentiront incluses et entendues, et auront moins l’impression de se faire imposer le projet.

    Prémisse 4 : La liberté de formuler un discours doit s’accompagner de la reconnaissance du fait que celui-ci peut légitimement être critiqué ou déconstruit.
    Comme l’explique Sauvé, « Chaque acteur devrait accepter l’éventualité que son discours soit sujet à négociation avec l’ensemble des interlocuteurs concernés par une situation donnée » (Sauvé 2010). Cette prémisse est directement liée à la prémisse 1 mentionnée précédemment. Jusqu’à présent, le discours de TransCanada repose sur les retombés économiques du projet Énergie Est. Or, les différentes parties prenantes concernées par ce projet s’opposent ou soulèvent des questions liées à ce discours. Ainsi, plutôt que d’ignorer ces oppositions ou ces recommandations (CMM) et de s’en tenir à son discours original concernant les biens faits économiques, TransCanada aurait avantage à être à l’écoute des critiques qui sont formulées à son endroit. De cette manière, l’entreprise pourrait entreprendre un processus de négociation en fournissant aux différentes parties prenantes les réponses à leurs questionnements et à leurs inquiétudes.
    Une chose est certaine, TransCanada ne peut présenter son projet Énergie Est comme une vérité absolue ou une solution parfaite. L’entreprise se doit d’être à l’écoute des opinions qui diffèrent de la sienne.

    Finalement, il est clair que TransCanada devra revoir sa manière de présenter son projet Énergie Est. Si l’on se fie à l’entrevue qu’a accordé Louis Bergeron a Michel C. Auger la semaine dernière, il est possible de croire que le repositionnement de TransCanada soit déjà commencé… Une question s’impose toutefois, comment TransCanada devra procéder pour modifier son approche et sa stratégie de relations publiques sans avoir l’air de manipuler ses parties prenantes pour arriver à ses fins? Une chose est certaine, le processus de conciliation que semble sur le point d’entreprendre TransCanada sera long.

    (1) http://www.greenpeace.org/canada/Global/canada/file/2014/11/FAITSSAILLANTS-Edelman-TC-Fr1.pdf
    (2) http://ici.radio-canada.ca/regions/Montreal/2016/01/26/002-pipeline-energieest-alternative.shtml
    (3) http://www.oleoducenergieest.com/benefices/carburer-notre-developpement/
    (4) http://ici.radio-canada.ca/emissions/midi_info/2015-2016/chronique.asp?idChronique=395948

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Anne-Sophie : lorsque vous écrivez « Une question s’impose toutefois, comment TransCanada devra procéder pour modifier son approche et sa stratégie de relations publiques sans avoir l’air de manipuler ses parties prenantes pour arriver à ses fins? », vous posez une très bonne question. Évidemment, impossible de passer à côté de l’hypothèse du simple réalignement stratégique pour arriver aux mêmes fins. Pour ma part, j’oserais croire qu’un tel changement de cap ne pourrait être fait que de bonne foi, étant entendu ses implications, soit, dès lors que l’entreprise se met dans une posture favorisant l’échange, il lui deviendra difficile de ne pas tenir compte de ce qu’elle entendra et de ne pas s’engager avec une certaine conviction dans le processus. S’il devait advenir que l’on découvre qu’il ne s’agissait que d’une diversion, on peut croire que les répercussions sur son image serait extrêmement négatives.

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  8. Kim Fortin

     /  1 février 2016

    Depuis 2013, le projet d’oléoduc Énergie Est soulève des questionnements, alimente les discussions et divisent les opinions. Ce projet d’envergure est l’œuvre de l’entreprise TransCanada et vise à transporter le pétrole brut d’un bout à l’autre du pays, plus précisément de l’Alberta au Nouveau-Brunswick. Il va sans dire que les enjeux économiques, environnementaux, nationaux et sociaux entourant ce projet sont nombreux et complexes. La saga a pris un autre tournant en janvier 2016 alors que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s’opposait formellement au projet Énergie Est. TransCanada doit alors refaire ses devoirs et repenser son approche communicationnelle si elle souhaite voir son projet aller de l’avant. L’adoption de deux des prémisses suggérées par Matthieu Sauvé dans son ouvrage « Les relations publiques autrement » pourrait s’avérer salutaire pour l’entreprise.

    Tout comme plusieurs de mes collègues, j’estime que la prémisse 6, stipulant que « Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits » (Sauvé, 2010, p.83) devrait être priorisée pour le projet Énergie Est.
    Un projet de cette envergure a des répercussions sur de nombreuses parties prenantes aux intérêts divergents. Il va sans dire que la conciliation des intérêts contradictoires est un enjeu au cœur du projet. Comment satisfaire, ne serait-ce que partiellement, environnementalistes, peuples autochtones, organismes gouvernementaux, citoyens inquiets et investisseurs? Bien qu’il n’y ait pas de réponse évidente à cette question, Ansoff propose une piste intéressante en mentionnant qu’il faut continuellement s’ajuster et tenir compte de tous les éléments de rétroaction, et pas seulement ceux qui pointent dans la direction que l’on souhaite donner au projet (Boucher et Pesqueux, 2006, p. 159).

    La prémisse 4 va dans le même sens en affirmant que « la liberté de formuler un discours doit s’accompagner de la reconnaissance du fait que celui-ci peut légitimement être critiqué ou déconstruit » (Sauvé, 2010, p.82). TransCanada a donc tout intérêt à reconnaitre qu’elle ne détient pas la vérité absolue, à démontrer son écoute envers les critiques formulées à son endroit et à illustrer son ouverture face aux opinions non-favorables au projet. L’organisation ne doit surtout pas passer à côté de l’occasion unique de négocier, mais surtout d’échanger avec ses parties prenantes au sujet des recommandations formulées par la CMM.

    J’ai toutefois bien peur que l’adoption de ces deux prémisses soit insuffisante pour faire basculer l’opinion publique en faveur du projet de TransCanada. Il faut dire que les efforts de communication de l’entreprise au sujet du projet ÉnergieEst avaient été initialement compromis par la fuite majeure de leur stratégie en matière de communication (1) survenue en novembre 2014. Les faits dévoilés avaient clairement indiqué que TransCanada souhaitait manipuler l’opinion publique, voir même acheter l’appui de plusieurs parties prenantes. Un revirement d’attitude de la part de Transcanada pourrait alors être perçu comme une autre manœuvre stratégique, dénudée de tout intérêt réel et sincère pour les enjeux sociaux et environnementaux…

    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/11/18/001-fuite-strategie-communication-transcanada-pipeline.shtml

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Kim : je vous réfère d’abord à mon commentaire adressé à Anne-Sophie puisque vous allez dans le même sens. Je pense que la découverte d’une nouvelle tentative de manipulation de l’opinion publique serait dévastatrice. Cela dit, je ne crois pas qu’il faille viser à faire en sorte que la population soit « en faveur » du projet, mais plutôt tenter de convenir d’une solution qui soit acceptable par toutes les parties prenantes. Je pense qu’un certain pragmatisme doit prévaloir dans un cas comme celui-là. Évidemment, tout ceci ouvre la porte à la discussion sur l’utilisation du pétrole dans notre société, mais c’est un tout autre sujet (qui n’est pas moins intéressant, cependant).

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  9. Michèle Demers

     /  2 février 2016

    Lancé « officieusement » le 30 juillet 2013 par le porte-parole de TransCanada Philippe Canon (1), le Projet Énergie Est a depuis fait couler beaucoup d’encre, lever beaucoup d’incertitude, d’inquiétude et de questionnements, questionnements qui sont encore à ce jour sans réponses. Près de deux ans et demi après cette première annonce, après que plusieurs provinces canadiennes aient sommé le Québec de consentir au projet (2), voilà que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, demande à TransCanada « de convaincre la population que son projet d’oléoduc est dans l’intérêt de tous (3) ». Que pouvons-nous retenir à titre de professionnels en relations publiques de cette situation ?

    Il est vrai que le Projet Énergie Est comporte une multitude d’enjeux, un environnement des plus complexes et une quantité impressionnante de parties prenantes, parties prenantes qui depuis la toute première annonce réalisée par l’organisation, ne demandent qu’à s’exprimer, dialoguer et être écoutées. La complexité de ce dossier excuserait-elle la manière dont ont été établis les canaux de communication? Justifierait-elle cette vision des communications unilatérales réduites, tout comme l’indique le paradigme fonctionnaliste, à transmettre de l’information (4) ? À mon humble avis non. L’évolution des différentes théories des relations publiques et du monde organisationnel ne disculpe plus en 2015 les entreprises à réduire, tel que le décrivent Giroux et Demers (1998 p. 19) (5), une organisation au rôle d’émetteur et ses parties prenantes à celui de récepteur passif. Un porte-parole ne peut plus faire preuve de si peu d’ouverture et d’empathie dans ses réactions telles que nous le démontre l’article Pipeline Énergie Est : la suggestion originale du maire de Ste-Anne-des-Plaines, paru sur Radio-Canada.ca, le 26 janvier dernier (6). L’arrivée et l’évolution des différentes plates-formes du web 2.0 ont révolutionné la manière de communiquer. Elles permettent aujourd’hui aux groupes d’intérêt de s’exprimer et d’influencer l’opinion publique, et ce, même si leurs interlocuteurs tendent à faire les sourdes d’oreilles. Comment alors expliquer qu’une situation telle que celle présentement vécue par TransCanada se produise? En toute honnêteté, j’ai encore de la difficulté à me l’expliquer.

    Les professionnelles en communication de l’organisation auraient tout intérêt à aboutir sur ce blogue pour lire les conseils et les commentaires de mes collègues les plus pertinents les uns que les autres. De mon côté, voici ce que j’ai à proposer.
    D’abord et avant tout, l’organisation aurait tout intérêt à modifier son modèle de relations publiques et privilégier un modèle social qui tout comme l’explique Sauvé (2010, p.76) (7):

    […] permettrait de lier, à l’intérieur d’un réseau ou d’une toile,
    l’ensemble des parties prenantes (et leurs relationnistes). Un
    tel partage ouvrirait la porte à un partage transparent de toute
    information pertinente. Ce qui, est-il permis de croire, serait
    susceptible de contribuer au succès de la démarche.

    Ainsi l’organisation pourrait créer une relation authentique avec ses parties prenantes. Elle serait donc en mesure d’entendre, de comprendre leurs inquiétudes, mais en plus, elle pourrait collaborer avec elles afin d’en arriver à un véritable consensus. Lunette rose ou réalité ? J’ai la conviction profonde que tout est possible si l’intérêt collectif reste au centre des actions des relationnistes.

    De plus, tel que l’énonce Sauvé (2010, p.80) dans sa première prémisse pour assurer la réussite d’un modèle social des relations publiques, « la société [doit] d’abord [être] un espace public et non un espace marchand ». TransCanada aurait avantage à prioriser ce concept dans sa manière de se comporter avec les différentes parties prenantes impliquées dans le Projet Énergie Est. Un projet d’oléoduc qui croit pouvoir s’étendre à la grandeur d’un pays doit le faire en toute « coopération » (Sauvé, 2010, p.81) avec les habitants du territoire exploité. Il ne peut utiliser le « rapport de force » (Sauvé, 2010, p.81) en tenant pour acquis que toutes les parties impliquées, de près ou de loin, seront en accord. Le rôle des relations publiques ne s’arrête pas à celui d’informateur. Au contraire, il en est un de « facilitateur dans la rencontre des parties, de même que dans la présentation et la compréhension des voix en présence » (Sauvé, 2010, p.78). TransCanada doit s’ouvrir à cette vision et bonifier ses actions de communication informationnelle en s’engageant dans un dialogue et une écoute active.

    Mais encore, la cinquième prémisse du modèle social des relations publiques de Sauvé (2010, p.82) précédemment cité sous-tend que « toutes les parties prenantes sont en droit de considérer que leurs intérêts ont une valeur intrinsèque ». En prenant pour acquis que TransCanada accepterait de bien vouloir modifier son modèle actuel de relations publiques, elle gagnerait à modifier l’actuelle image qu’elle projette de l’organisation du secteur énergétique qui s’installera au Québec coûte que coûte, au moyen de stratégies agressives visant à « faire accepter son projet de pipelines (8) ». Rappelons qu’en novembre 2014, Greenpeace diffusait la stratégie de communication d’Edelman produit pour le compte du Projet Énergie Est. On pouvait y retrouver des actions aussi hypocrites que l’attaque de groupes environnementalistes, l’achat de billets de blogues par des leader d’influence dans le secteur énergétique ou le ciblage de région plus austère pour faire « passer son message » quant à l’implantation de son pipeline. L’organisation était loin de cette prémisse qui vise à accepter les divergences d’opinions dans un premier temps et à créer un dialogue multipartite afin d’atteindre un « consensus collectif » (Sauvé 2010, p.82) dans un second.

    L’approche employée par TransCanada jusqu’à présent nuit malheureusement à mon avis à la profession de relationniste dérapant par moment du code même de déontologie de cette profession. En effet ce dernier stipule que le relationniste doit « contribuer aux débats de société et faire valoir la capacité unique de ses membres à travailler au rapprochement des institutions, des entreprises, des personnes et des groupes sociaux, pour la recherche de solutions mutuellement satisfaisantes (9) ». Simple dérapage je l’espère puisque les plus récentes annonces me laissent penser qu’un sérieux réalignement est possible.

    Sources :
    (1) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201307/29/01-4675242-un-oleoduc-pourrait-passer-par-la-rive-nord-du-saint-laurent.php
    (2) Gravel le matin, 95,1 FM, Le pipeline de la discorde, émission du 27 janvier 2016, http://bit.ly/1SzwcWq
    (3) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/26/001-energie-est-transcanada-trudeau-coderre.shtml
    (4) Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010, 101p.
    (5) Giroux N. et C. Demers (1998) dans Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010, p.53
    (6) http://ici.radio-canada.ca/regions/Montreal/2016/01/26/002-pipeline-energieest-alternative.shtml
    (7) Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010, 101p.
    (8) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/11/18/001-fuite-strategie-communication-transcanada-pipeline.shtml
    (9) http://www.sqprp.ca/La-societe/sqprp-en-bref.aspx

    Répondre
  10. Michèle Demers

     /  2 février 2016

    Lancé « officieusement » le 30 juillet 2013 par le porte-parole de TransCanada Philippe Canon (1), le Projet Énergie Est a depuis fait couler beaucoup d’encre, lever beaucoup d’incertitude, d’inquiétude et de questionnements, questionnements qui sont encore à ce jour sans réponses. Près de deux ans et demi après cette première annonce, après que plusieurs provinces canadiennes aient sommé le Québec de consentir au projet (2), voilà que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, demande à TransCanada « de convaincre la population que son projet d’oléoduc est dans l’intérêt de tous (3) ». Que pouvons-nous retenir à titre de professionnels en relations publiques de cette situation ?

    Il est vrai que le Projet Énergie Est comporte une multitude d’enjeux, un environnement des plus complexes et une quantité impressionnante de parties prenantes, parties prenantes qui depuis la toute première annonce réalisée par l’organisation, ne demandent qu’à s’exprimer, dialoguer et être écoutées. La complexité de ce dossier excuserait-elle la manière dont ont été établis les canaux de communication? Justifierait-elle cette vision des communications unilatérales réduites, tout comme l’indique le paradigme fonctionnaliste, à transmettre de l’information (4) ? À mon humble avis non. L’évolution des différentes théories des relations publiques et du monde organisationnel ne disculpe plus en 2015 les entreprises à réduire, tel que le décrivent Giroux et Demers (1998 p. 19) (5), une organisation au rôle d’émetteur et ses parties prenantes à celui de récepteur passif. Un porte-parole ne peut plus faire preuve de si peu d’ouverture et d’empathie dans ses réactions telles que nous le démontre l’article Pipeline Énergie Est : la suggestion originale du maire de Ste-Anne-des-Plaines, paru sur Radio-Canada.ca, le 26 janvier dernier (6). L’arrivée et l’évolution des différentes plates-formes du web 2.0 ont révolutionné la manière de communiquer. Elles permettent aujourd’hui aux groupes d’intérêt de s’exprimer et d’influencer l’opinion publique, et ce, même si leurs interlocuteurs tendent à faire les sourdes d’oreilles. Comment alors expliquer qu’une situation telle que celle présentement vécue par TransCanada se produise? En toute honnêteté, j’ai encore de la difficulté à me l’expliquer.

    Les professionnelles en communication de l’organisation auraient tout intérêt à aboutir sur ce blogue pour lire les conseils et les commentaires de mes collègues les plus pertinents les uns que les autres. De mon côté, voici ce que j’ai à proposer.
    D’abord et avant tout, l’organisation aurait tout intérêt à modifier son modèle de relations publiques et privilégier un modèle social qui tout comme l’explique Sauvé (2010, p.76) (7):

    […] permettrait de lier, à l’intérieur d’un réseau ou d’une toile, l’ensemble des parties prenantes (et leurs relationnistes). Un tel partage ouvrirait la porte à un partage transparent de toute information pertinente. Ce qui, est-il permis de croire, serait susceptible de contribuer au succès de la démarche.

    Ainsi l’organisation pourrait créer une relation authentique avec ses parties prenantes. Elle serait donc en mesure d’entendre, de comprendre leurs inquiétudes, mais en plus, elle pourrait collaborer avec elles afin d’en arriver à un véritable consensus. Lunette rose ou réalité ? J’ai la conviction profonde que tout est possible si l’intérêt collectif reste au centre des actions des relationnistes.

    De plus, tel que l’énonce Sauvé (2010, p.80) dans sa première prémisse pour assurer la réussite d’un modèle social des relations publiques, « la société [doit] d’abord [être] un espace public et non un espace marchand ». TransCanada aurait avantage à prioriser ce concept dans sa manière de se comporter avec les différentes parties prenantes impliquées dans le Projet Énergie Est. Un projet d’oléoduc qui croit pouvoir s’étendre à la grandeur d’un pays doit le faire en toute « coopération » (Sauvé, 2010, p.81) avec les habitants du territoire exploité. Il ne peut utiliser le « rapport de force » (Sauvé, 2010, p.81) en tenant pour acquis que toutes les parties impliquées, de près ou de loin, seront en accord. Le rôle des relations publiques ne s’arrête pas à celui d’informateur. Au contraire, il en est un de « facilitateur dans la rencontre des parties, de même que dans la présentation et la compréhension des voix en présence » (Sauvé, 2010, p.78). TransCanada doit s’ouvrir à cette vision et bonifier ses actions de communication informationnelle en s’engageant dans un dialogue et une écoute active.

    Mais encore, la cinquième prémisse du modèle social des relations publiques de Sauvé (2010, p.82) précédemment cité sous-tend que « toutes les parties prenantes sont en droit de considérer que leurs intérêts ont une valeur intrinsèque ». En prenant pour acquis que TransCanada accepterait de bien vouloir modifier son modèle actuel de relations publiques, elle gagnerait à modifier l’actuelle image qu’elle projette de l’organisation du secteur énergétique qui s’installera au Québec coûte que coûte, au moyen de stratégies agressives visant à « faire accepter son projet de pipelines ». Rappelons qu’en novembre 2014, Greenpeace diffusait la stratégie de communication d’Edelman produit pour le compte du Projet Énergie Est. On pouvait y retrouver des actions aussi hypocrites que l’attaque de groupes environnementalistes, l’achat de billets de blogues par des leader d’influence dans le secteur énergétique ou le ciblage de région plus austère pour faire « passer son
    message » quant à l’implantation de son pipeline (8). L’organisation était loin de cette prémisse qui vise à accepter les divergences d’opinions dans un premier temps et à créer un dialogue multipartite afin d’atteindre un « consensus collectif » (Sauvé 2010, p.82) dans un second.

    L’approche employée par TransCanada jusqu’à présent nuit malheureusement à mon avis à la profession de relationniste dérapant par moment du code même de déontologie de cette profession. En effet ce dernier stipule que le relationniste doit « contribuer aux débats de société et faire valoir la capacité unique de ses membres à travailler au rapprochement des institutions, des entreprises, des personnes et des groupes sociaux, pour la recherche de solutions mutuellement satisfaisantes (9) ». Simple dérapage je l’espère puisque les plus récentes annonces me laissent penser qu’un sérieux réalignement est possible.

    Sources :
    (1) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201307/29/01-4675242-un-oleoduc-pourrait-passer-par-la-rive-nord-du-saint-laurent.php
    (2) Gravel le matin, 95,1 FM, Le pipeline de la discorde, émission du 27 janvier 2016, http://bit.ly/1SzwcWq
    (3) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/26/001-energie-est-transcanada-trudeau-coderre.shtml
    (4) Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010, 101p.
    (5) Giroux N. et C. Demers (1998) dans Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010, p.53
    (6) http://ici.radio-canada.ca/regions/Montreal/2016/01/26/002-pipeline-energieest-alternative.shtml
    (7) Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010, 101p.
    (8) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/11/18/001-fuite-strategie-communication-transcanada-pipeline.shtml
    (9) http://www.sqprp.ca/La-societe/sqprp-en-bref.aspx

    Répondre
    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Michèle : au-delà du cas précis dont il est question ici, vous touchez à une question qui, sous des dehors anodin, est très sensible chez les professionnels des RP quand vous écrivez « J’ai la conviction profonde que tout est possible si l’intérêt collectif reste au centre des actions des relationnistes ». Il s’agit évidemment d’une conviction que je partage. Cependant, j’ai déjà eu plusieurs discussions avec des collègues qui considèrent que ce n’est pas le cas et que notre rôle est de servir nos clients, point final, et non pas de se préoccuper d’intérêt collectif. Personnellement, je pense qu’il s’agit d’une vision complètement dépassée et contre-productive, socialement, de notre rôle. Suggestion : demandez à vos amis ce qu’ils en pensent et on en reparlera ;-)

      Répondre
      • Michèle Demers

         /  3 février 2016

        @Matthieu Sauvé : Effectivement, pour avoir déjà abordé la question, ce point de vue n’enchante pas l’ensemble des relationnistes que je côtoie. On m’indique d’ailleurs à ce sujet que j’aurais une forte tendance à porter des lunettes roses, à vivre dans un monde utopique ou tout simplement, à manquer d’expérience. J’étais bien heureuse de constater à la lecture de votre livre qu’un relationniste de votre expérience, s’appuyant également par la recherche, partage un point de vue similaire au mien.

        Mais cette volonté d’utiliser les relations publiques pour créer un consensus favorable au bien collectif des parties prenantes impliquées va bien au-delà de la vision des relationnistes. La vision de la haute direction d’une organisation y est pour beaucoup et nous ramène à l’importance de sortir la fonction des relations publiques à un rôle purement technique.

        Sous un tout autre ordre d’idées, nous apprenions ce matin l’entente entre TransCanada et ABB (1). Serait-ce le début d’un changement de vision pour l’organisation ?

        (1) http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2016/02/03/004-energie-est-transcanada-soiree-information-saint-honore-saint-bruno.shtml

        Répondre
  11. Stéphanie Côté

     /  2 février 2016

    Le projet Oléoduc d’Énergie Est de TransCanada est loin d’avoir terminé de faire couler de l’encre. Pourtant l’utilisation de pipeline dans l’économie canadienne n’est pas un fait nouveau, en effet, le premier construit au Canada remonte à 1853 dans la ville de Trois-Rivières . Il va de soi de dire que les relations publiques face à l’instauration d’un tel projet a grandement évolué depuis.

    C’est en 2014 que TransCanada soumet son projet de Pipeline, projet traversant d’ouest en est le territoire canadien (de l’Alberta au Nouveau-Brunswick). On parle ici d’un peu plus de 4 600 kilomètres d’oléoduc transportant quotidiennement 130 millions de litres de pétrole brut.
    Vu l‘ampleur économique et géographique, il va de soi d’affirmer que les parties prenantes y sont nombreuses : Organismes, groupes, associations, entreprises, citoyens, Premières Nations, strates politiques et bien plus encore. À son annonce, les positions des certaines des parties prenantes n’étaient pas aussi polarisées qu’à ce jour . Prenons à cet exemple la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui a tenue une consultation publique sur son territoire afin de se positionner contre le projet en janvier dernier. Un autre exemple pourrait être celui de la province de l’Ontario qui elle aussi a tenue des consultations publiques sur le projet pour finalement se positionner en faveur du projet aussi en janvier dernier .

    Les principaux opposants soulèvent centre majoritairement leur argumentaire sur quatre points de vue: « économique, social, environnemental et de la sécurité publique ».Face au remous des dernières semaines, l’entreprise aurait avantage à revoir ses angles de communication ainsi que sa stratégie de relation publique pour être en mesure compléter son projet. Différentes prémisses du modèle social des relations publiques établies par Matthieu Sauvé pourraient être prises en compte pour orienter les futures relations publiques entreprises par TransCanada :

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.

    Ce n’est pas tout de croire que puisque son projet rapporte à l’économie canadienne, qu’il est de ce fait acceptable pour tous. Considérant l’étude du projet et donc le grand nombre de parties prenantes impliquées il est important de prendre d’autres aspects que l’économie en compte. Surtout en ce qui concerne la population québécoise, encore marquée par l’incident de Lac -Mégantic en 2013. Cet accident, relié à l’industrie du pétrole et à la mal gestion d’une compagnie pour une question de profits, a probablement dans ce dossier, mis de l’avant le bien commun comme étant la sécurité publique AVANT les questions de profit albertain. Aussi, TransCanada semble avoir négligé la notion de communauté et de volonté de coopération en refusant l’invitation des parties prenantes à prendre part à leurs consultations publiques . De ce fait, TransCanada aurait avantage à prendre davantage part aux échanges sur les plateformes publiques et a usé de médiation dans son approche pour ainsi faire passer son projet de l’espace marchand à public.

    Prémisse 2 : La société est un ensemble en perpétuelle reconstruction

    Le contexte d’implantation du projet d’oléoduc était bien différent en 2014 qu’en 2016. En effet, la société canadienne a subi de grandes mouvances sur son identité. Le contexte n’est plus le même :
    – le dollar canadien est à son plus bas niveau depuis des années et le baril de pétrole est à son plus bas prix ce qui dévalue les revenus probables du projet et créer une grande insécurité chez certaines parties prenantes
    – Le gouvernement fédéral n’est plus le même, le premier ministre Trudeau, un libéral, entend accorder une plus grande importance à l’environnement alors que le premier ministre Harper, un conservateur, a préféré miser pendant 10 ans sur l’économie.
    – Le Canada s’est engagé en décembre dernier à réduire sa production de GES lors de la COP21, alors que celui-ci s’était retiré de lutte contre les changements climatiques dans les dernières années. La COP21, ou plus de 150 leaders mondiaux étaient conviés, sont considérés par plusieurs comme étant un « accord historique sur le climat ». Le grand apport du Canada à cette conférence a mis sur table un contexte environnemental défavorable à l’annonce de l’augmentation de la production de pétrole au Canada. En effet, de permettre un tel projet semble donc pour certaines parties prenantes contradictoires .

    De ces différentes interactions entre l’annonce du projet et son déroulement à ce jour, il est donc essentiel que TransCanada adapte son message aux mouvances de la société canadienne. TransCanada gagnerait ainsi à prendre part et à adapter son projet en fonction de ces reconstructions de la société.

    De nombreuses étapes se dressent encore d’ici le refus total ou l’acceptation du projet Énergie Est de TransCanada. Rendez-vous en 2018 devant les consultations de l’ONÉ pour savoir si TransCanada aura été en mesure d’adapter ses relations publiques!

    1 -http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/20160121_transCanada_RapportConsultation.pdf
    http://cmm.qc.ca/fr/actualites/derniere-nouvelle/oleoduc-energie-est-de-transcanada-la-cmm-soppose-au-projet/
    2 -http://www.ontarioenergyboard.ca/html/oebenergyeast/have_your_say_fr.cfm#.VrAmAbIrKUn
    3- http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2016/01/21/001-transcanada-oleoduc-energie-est-opposition-montreal-laval-longueuil-repentigny.shtml.it
    4- http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/20160121_transCanada_RapportConsultation.pdf
    5- http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/10/20/053-elections-justin-trudeau-promesses-environnement-changements-climatiques-paris.shtml
    6- http://ici.radio-canada.ca/climat-paris-2015
    7-http://quebec.huffingtonpost.ca/david-suzuki/paris-cop21-oleoducs_b_9116056.html

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Stéphanie : comme vous, j’ai très hâte de voir comment se déroulera la suite de la discussion dans la sphère publique au cours des prochains mois !

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      • Stéphanie Côté

         /  2 février 2016

        **Veuillez prendre note que ce billet n’est pas ma version finale. En effet, je désirai simplement faire un test de « vue d’ensemble » et j’étais persuadée de pouvoir retirer ce dernier immédiatement. Je constate en ce moment que ce n’est pas chose possible. Un grand merci de votre compréhension.

        Répondre
  12. Ariane Richard

     /  2 février 2016

    Le projet Énergie Est suscite de nombreux débats sur la place publique depuis son annonce en 2013. L’entreprise instigatrice du projet, TransCanada, a d’ailleurs eu recours aux services du cabinet de relations publiques Edelman, afin faire adopter son projet par la population. Une fuite du plan de communication a malheureusement signé la fin du contrat entre les deux entreprises, à l’automne 2014(1). Deux ans plus tard, TransCanada ne s’est toujours pas sortie de l’eau chaude. Afin de redorer son image et regagner une certaine estime dans la population canadienne, TransCanada devra réorienter sa stratégie de relations publiques. L’entreprise pourrait d’ailleurs se tourner vers un modèle de pratique plus social, où les différentes parties prenantes seraient davantage prises en considérations.

    Bien que le modèle social présenté par Matthieu Sauvé dans son ouvrage Les relations publiques autrement puisse sembler idéaliste, TransCanada gagnerait à se tourner vers ce genre de pratique en établissant un dialogue avec ses publics. Deux des prémisses énoncées par Sauvé démontrent d’ailleurs que ce modèle peut être utilisé par tous les types d’entreprise.

    D’abord, la société est un espace public et non un espace marchand (Sauvé, 2010, p. 80). La société est un espace démocratique où cohabitent entreprises et individus. Comme le laisse entendre l’auteur, la solidarité et la coopération doivent primer sur le commerce et l’industrialisation. Dans une certaine mesure, il serait possible pour TransCanada de se tourner vers une pratique plus inclusive, où ses parties prenantes auraient un droit de parole et une plus grande valeur aux yeux de l’entreprise. Pour le moment, elle semble accorder beaucoup d’importance aux retombées économiques du projet. Récemment, lorsque questionné sur l’augmentation des coûts d’Énergie Est, le porte-parole a encore une fois tenté de convaincre les sceptiques en ramenant le discours sur les retombées économiques(2). Certes le projet vaut des millions de dollars, toutefois ce n’est pas la valeur marchande qui intéresse uniquement la population. Bien que les retombées économiques engendrées par le projet soient d’une grande importance pour le pays, d’autres valeurs sont également importantes aux yeux des Canadiens comme l’environnement et la communauté. En mettant ces aspects de côté, l’entreprise présente une attitude fermée aux dialogues et aux échanges. En se montrant plus ouverte et plus réceptive aux commentaires de la population, TransCanada serait mieux au fait des préoccupations citoyennes et dégagerait ainsi une image plus positive dans ses diverses communications.

    Dans la même lignée que la précédente, la troisième prémisse présentée par l’auteur, soit le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité pourrait également être appliqué au cas de TransCanada (Sauvé, 2010, p.81). Présentement, l’entreprise semble privilégier une communication unidirectionnelle, puisque ses parties prenantes sont très peu mises à contribution. Comme mentionnée ci-haut, la société est un espace démocratique, où chacun peut s’exprimer librement. La voix du public est ainsi sujette à de nombreuses interprétations pouvant être considérées comme valides. Les parties prenantes de TransCanada, notamment Équiterre, ont tenté de s’exprimer maintes fois sur la place publique en laissant savoir leur opinion et leurs craintes face à Énergie Est(3). L’entreprise semble avoir toujours réfuté les opinions « contre », sans réellement avoir pris le temps de discuter avec ses publics. Comme le soulignait le maire Denis Coderre dans un point de presse à la suite de la prise de position de la Communauté métropolitaine de Montréal, TransCanada s’est imposée avec un projet titanesque en adoptant une attitude arrogante(4). Lorsqu’un conflit s’est pointé avec les représentants municipaux, l’entreprise a choisi de ne pas les confronter et de se diriger vers les autres paliers de gouvernement. Les municipalités ne se sont ainsi pas senties entendues dans le développement du projet. Pour faire adopter un tel projet, TransCanada bénéficierait à créer un dialogue entre elle et les municipalités afin d’arriver sur un accord. La population se sentirait ainsi plus écoutée et mieux représentée.

    Évidemment, en relations publiques rien n’est tout blanc ou tout noir. TransCanada ne pourra changer d’attitude du tout au tout puisque ses valeurs d’entreprises sont déjà bien ancrées. Toutefois, il serait possible pour l’entreprise de se tenir dans une zone grise et de montrer une attitude ouverte et réceptive envers ses publics. Ce changement d’attitude ne pourra être réalisé en quelques jours et il faudra des mois, voire des années avant de regagner une image positive auprès de la population.

    (1) http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201411/26/01-4822739-energie-est-transcanada-se-separe-de-la-firme-edelman.php
    (2) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/economie/2015/12/17/001-transcanada-energie-est-hausse-cout-quatre-milliards-modifications.shtml
    (3) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201307/29/01-4675242-un-oleoduc-pourrait-passer-par-la-rive-nord-du-saint-laurent.php
    (4) http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/461144/transcanada-est-une-entreprise-tres-arrogante-dit-coderre

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Ariane : intéressant que vous fassiez référence au modèle de la coopération. Des études récentes ont démontré qu’au terme de la dernière crise économique majeure que nous avons connue, ce sont les coopératives qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu.

      Répondre
  13. L’annonce du projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada en 2013, qui, mentionnons-le, est fortement controversé et largement contesté, persiste à ce jour à susciter de nombreux débats à l’échelle du pays. Chef de file dans son domaine, TransCanada affiche fièrement ses couleurs et affirme haut et fort, à qui veut bien l’entendre, favoriser le développement économique, tout en priorisant le respect et la préservation de l’environnement canadien.

    Pourtant, nul ne semble réellement y croire et l’entreprise ne parvient guère à obtenir les résultats tant convoités auprès des publics et des organismes de règlementation. En effet, selon un sondage réalisé par la communauté métropolitaine de Montréal (CMM), 96 % des répondants considèrent le projet Énergie Est comme inutile et 94 % n’appuie pas le tracé proposé par TransCanada (1). Ayant mainte fois tentée de faire accepter son projet auprès des individus et collectivités, TransCanada a appliqué à la règle une stratégie « déloyale », qui l’exige dorénavant à admettre ses torts et donc, à se sortir la tête du sable.

    C’est donc dire qu’après trois longues années à tenter de convaincre la population canadienne, la pétrolière albertaine se trouve devant une impasse, qui la force à réviser son modèle de relations publiques, ses stratégies ainsi que ses tactiques. De retour à la case départ, TransCanada a maintenant tout à gagner à réviser le fondement de son modèle et adopter une nouvelle vision des relations publiques. Afin qu’un tel modèle puisse émerger, Mathieu Sauvé propose sept prémisses dans son ouvrage, Les relations publiques autrement- Vers un nouveau modèle de pratique (Sauvé, 2010). De manière à opérer un réel changement, TransCanada aurait particulièrement intérêt à considérer ces deux prémisses du modèle de Sauvé :

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand
    Le projet Oléoduc Énergie Est, est certainement la preuve que l’argent ne permet pas toujours d’obtenir l’approbation de la population. Il est vrai que TransCanada s’est donné du mal à démontrer que son projet est dans l’intérêt de tous, mais ses arguments sont limités et l’entreprise s’éternise à évoquer des retombées économiques non négligeables. De plus, TransCanada a établi auprès de ses parties prenantes une communication unidirectionnelle visant coûte que coûte, à faire accepter son projet. Pourtant, l’argumentation de TransCanada ne tient plus dans la société d’aujourd’hui. En effet, il n’existe pas d’obligation à accepter le projet Énergie Est de TransCanada et comme l’affirme le maire de Québec : « Jusqu’à date, TransCanada Pipeline n’a pas répondu à nos inquiétudes. On est quand même en 2016! Je les trouve incompétents »(2). Cette « incompétence » évoquée par Régis Labeaume s’explique entre autres par l’absence de l’entreprise dans l’espace public. Quant à lui, Denis Coderre estime que TransCanada est  « une compagnie très arrogante qui ne veut pas nous parler » (3). Il semble donc évident que les stratégies de communication de TransCanada sont dépassées et qu’il est grandement temps d’instaurer un climat d’ouverture propice à l’échange.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits
    Dans la même veine que la première prémisse, TransCanada doit considérer chacune de ses parties prenantes et engager un dialogue avec ces dernières. Malgré les avis mitigés que suscite le projet Oléoduc Énergie Est, TransCanada est responsable « de concilier les intérêts contradictoires des groupes qui sont en relation directe avec elle » (Boucher et Presqueux, 2006, p.159). Plutôt que vendre son projet, TransCanada a intérêt à se rapprocher de ses parties prenantes en les conviant à des séances d’informations et de consultation. Ces séances devront permettre aux parties en présence de s’exprimer sur le sujet et d’échanger respectueusement en vue de l’atteinte d’un objectif commun. Il est donc important que l’entreprise adopte dans son modèle des relations publiques, une nouvelle dynamique d’échange qui permettra à chacune des parties prenantes d’être encadrées tout au long de ce processus de consultation. Comme Sauvé l’affirme, je crois également que toutes les parties prenantes sont en droit d’avoir des attentes vis-à-vis un projet, toutefois, il semble difficile de satisfaire chacun de leurs intérêts. L’entreprise se doit donc d’être présente sur les lieux publics afin d’établir des dialogues et démontrer qu’elle possède une écoute active vis-à-vis des préoccupations des citoyens, municipalités, organismes et groupes environnementaux. Bref, dans le cadre de ces échanges, TransCanada pourra démontrer sa volonté à coopérer à une finalité commune.

    Finalement, la prémisse 7 de l’ouvrage mentionne que « […]les relationnistes- ont un rôle social à jouer qui dépasse les cadres techniques de leur pratique ». Ainsi, serait-il possible que les relationnistes de TransCanada aient oublié la position privilégiée qu’ils entretiennent avec le reste da la société? Leur rôle est-il réellement celui d’un praticien des relations publiques ou n’est-il pas plutôt mécanisé aux profits de l’organisation?

    TransCanada aurait certainement tout à gagner à humaniser son modèle de relations publiques.

    (1) http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/450129/rejet-massif-d-energie-est-dans-la-region-de-montreal-selon-un-sondage-de-la-cmm
    (2) http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2016/01/26/005-oleoduc-transcanada-incompetents-labeaume.shtml
    (3) http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/ressources-naturelles/energie-est-transcanada-en-mode-seduction/584839

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Marie-Ève : je me réjouis que différents membres de votre groupe estiment que nous avons un rôle à jouter qui dépasse les cadres techniques de notre pratique. Je me sens moins seul tout à coup :-)

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  14. Antoine Buée

     /  2 février 2016

    Le projet Énergie Est est un projet qui divise l’opinion publique et qui est beaucoup discuté par les leaders d’opinons et la population canadienne. L’Oléoduc Énergie Est d’une longueur de 4 600 kilomètres, qui transportera environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l’Ouest à l’Est canadien, fait débat en raison de son implication dans l’une des principales causes du XXI siècle, l’environnement. Si des retombées économiques sont attendues dans les provinces touchées par ce nouveau dispositif, au Québec notamment où l’or noir ne fera pas escale, la proposition de Trans Canada est d’autant plus controversée que les retombées seront moindres. En 2014, le plan de communication de la compagnie, sous l’autorité de la firme Edelman, avait d’ailleurs été révoilé par Greenpeace. (1) Devant le plan agressif et oppressif voulu par Edelman, Trans Canada avait subi les foudres de l’opinion publique. Afin de promouvoir son projet, la compagnie devra accentuer sa communication par rapport à deux prémisses, vues dans le livre de Sauvé, que nous allons détailler ci-dessous.

    Prémisse 3: « Le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité » (Sauvé, 2010, p.81)

    Dans le livre de Mathieu Sauvé, il est clairement expliqué que : « la vie dans une société démocratique commande que tous les acteurs sentent qu’ils ont légitimement voix au chapitre et qu’ils sont encouragés à exprimer cette voix ». De ce fait, Trans Canada de par son plan de communication agressif, détaillé par Greenpeace, n’employait pas la bonne stratégie. À travers cette prémisse, il est nécessaire de comprendre que toutes les voix comptent et sont importantes. Ainsi Trans Canada, afin de mener à terme son projet d’Oléoduc, devrait privilégier une approche d’écoute et d’échange avec les différentes parties prenantes (au lieu de vouloir imposer son ambition). S’il est vrai que l’entreprise à déjà mis en place des événements de type informatif (115 depuis 2013), seulement 0,03 de la population canadienne (9000 personnes sur plus de 35 millions d’habitants) ce sont déplacées pour entendre, partager et s’informer sur le projet d’Oléoduc. C’est évidemment TROP PEU! Il gagnerait à augmenter leur visibilité sur la toile déjà; médias sociaux, site web, en expliquant aux citoyens souhaitant s’informer les tenants et les aboutissants du projet, ainsi que les retombées économiques possibles pour eux. Il devrait également réaliser des conférences de presse localement, puisque nous savons que la population est très attentive aux médias locaux, ainsi que différentes activités de promotions dans les villes où l’opinion publique est la moins favorable au projet (après l’étude de sondages).

    Prémisse 6: « Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits. » (Sauvé, 2010, p.83)

    Selon Ansoff, les principales responsabilités de l’entreprise sont « de concilier les intérêts contradictoires des groupes qui sont en relation directe avec elle, [en plus d’] ajuster ses objectifs de manière à donner à chacun d’eux une part équitable de satisfactions. » (Boucher et Pesqueux, 2006, p.159) On comprend ici qu’il est de la responsabilité, pour le bien de toutes les parties, que non pas une solution à l’amiable soit trouvée afin de rendre le projet d’Oléoduc possible, mais belle est bien une solution qui bénéficierait à tous les acteurs. En effet, au jour d’aujourd’hui le projet est énormément contesté; notamment au Québec où plus de la moitié de la population est réfractaire à l’Oléoduc Énergie Est (57% de la population québécoise selon la firme SOM) (2). Il est donc clair que le projet ne fait pas l’unanimité, notamment auprès des élus municipaux, des députés, des groupes environnementaux, etc. Il est du devoir de Trans Canada d’écouter la population, et d’être flexible dans son désir de construction d’Oléoduc, afin de gagner la confiance de toutes les parties. Afin de comprendre les inquiétudes des différentes parties prenantes, et savoir de quelle façon Trans Canada pourrait réaliser les souhaits de chacun, il serait notamment intéressant d’organiser un certain nombre de « focus group », représentatifs de la population canadienne. Ces « focus group » serviront à identifier les problèmes et les enjeux de la situation actuelle, et ainsi permettre à Trans Canada d’avoir les moyens de renverser l’opinion publique grâce à une stratégie de communication adaptée à cet effet.

    Source:
    (1) http://www.greenpeace.org/canada/Global/canada/file/2014/11/FAITSSAILLANTS-Edelman-TC-Fr1.pdf
    (2) http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201511/25/01-4924834-57-des-quebecois-contre-energie-est-selon-un-sondage.php

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Antoine : vous proposez des choix tactiques intéressants, mais avant d’en arriver là, il faudra, de la part de l’entreprise, faire une réflexion approfondie quant au modèle de communication qu’elle privilégiera ou non avec la population…

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  15. Pierre Vankerrebrouck

     /  2 février 2016

    Le projet « Oléoduc Energie Est » est un projet de l’entreprise Trans Canada qui a vu le jour en 2012. La construction de ce gigantesque oléoduc de 4600 km de long est un sujet controversé qui divise l’ensemble de la population Canadienne. En effet, une grande partie de la population québécoise est réfractaire au projet et n’hésite pas à faire part de son mécontentement envers le géant canadien de l’énergétique.
    Outre les normes environnementales et économiques, le Québec est dans la grande majorité inquiète pour le facteur humain du projet. Les fantômes de la tragédie du lac Mégantic sont toujours présents…
    L’équipe de RP/Communication de Trans Canada va devoir convaincre la population grâce à la campagne de sensibilisation et de prévention qui couvrira la sécurité des canadiens et leur environnement. Afin de mener à bien cette campagne, j’ai choisi d’adopter les prémisses suivantes de Monsieur Sauvé, qui pour moi sont des éléments majeurs que Trans Canada se doit d’adopter dans sa campagne

    Prémisse 3 « Le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité » (Sauvé,2010, p.81)

    Comment faire adopter le projet Énergie Est par la population canadienne, par les différents paliers gouvernementaux et par tous les belligérants du projet ? Telle est la problématique. Ce projet national est d’une telle envergure que la société Trans Canada se doit d’écouter tous les acteurs et parties prenantes qui sont impliqués plus ou moins dans le projet. Chaque voix, chaque avis, chaque problématique ont une importance capitale si le projet veut arriver un jour à son terme. De manière personnelle, je pense que si une entreprise écoute toutes les parties prenantes inhérentes à un projet, cette écoute peut constituer un atout majeur de communication et un facteur de croissance important pour toute société désireuse de se lancer dans un challenge aussi élevé.
    Il s’agit d’un projet collectif.
    Comme l’a dit Monsieur Sauvé dans son livre« […] la vie dans une société démocratique commande que tous les acteurs sentent qu’ils ont légitimement voix au chapitre et qu’ils sont encouragés à exprimer cette voix. ». L’entreprise doit multiplier ses actions de sensibilisation et d’information auprès de la population Canadienne, et en particulier auprès de la population québécoise qui est, dans la majorité, la plus réfractaire au projet.
    Chaque citoyen doit avoir le sentiment d’être écouté, d’être compris et d’être entendu.
    En outre, ces campagnes peuvent se matérialiser de plusieurs manières notamment en assurant une présence conséquente sur le web 2.0 et sur les réseaux sociaux qui sont fréquemment utilisés par la génération Y. D’autres actions sont possibles également pour se faire entendre par toute la population Québécoise.

    Prémisse 6 : « Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits. » » (Sauvé, 2010, p.83)
    Le débat et le dialogue se doivent d’être établis afin d’assurer une entente conséquente des différents acteurs du projet. C’est pourquoi j’ai choisi la prémisse n°6 qui, pour moi, constitue la suite logique de la prémisse n°3. Il s’avère qu’une majorité de la population Québécoise est réfractaire au projet. Selon la firme SOM, 57% des Québécois sont contre le projet (novembre 2015) alors que 70% y étaient favorables environ un an plus tôt. Nous sommes donc en droit de nous demander comment un tel revirement de situation est-il possible. De manière générale, il me semble qu’il soit impossible que tout le monde soit d’accord à l’unanimité sur un projet. Pour moi, cela n’existe pas et c’est impossible.
    Toutefois, je pense que le fait de se concerter sur le sujet est primordial et peut permettre à tous les acteurs du projet de s’entendre et d’y trouver leur propre compte. L’important est de savoir faire des concessions pour le bien de tous. Le dialogue et l’entente mutuelle sont le nerf de la guerre et se doivent de servir une cause qui concerne tout le monde, sans exception.

    Répondre
  16. Pierre Vankerrebrouck

     /  2 février 2016

    Le projet « Oléoduc Energie Est » est un projet de l’entreprise Trans Canada qui a vu le jour en 2012. La construction de ce gigantesque oléoduc de 4600 km de long est un sujet controversé qui divise l’ensemble de la population Canadienne. En effet, une grande partie de la population québécoise est réfractaire au projet et n’hésite pas à faire part de son mécontentement envers le géant canadien de l’énergétique.
    Outre les normes environnementales et économiques, le Québec est dans la grande majorité inquiète pour le facteur humain du projet. Les fantômes de la tragédie du lac Mégantic sont toujours présents…
    L’équipe de RP/Communication de Trans Canada va devoir convaincre la population grâce à la campagne de sensibilisation et de prévention qui couvrira la sécurité des canadiens et leur environnement. Afin de mener à bien cette campagne, j’ai choisi d’adopter les prémisses suivantes de Monsieur Sauvé, qui pour moi sont des éléments majeurs que Trans Canada se doit d’adopter dans sa campagne

    Prémisse 3 « Le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité » (Sauvé,2010, p.81)

    Comment faire adopter le projet Énergie Est par la population canadienne, par les différents paliers gouvernementaux et par tous les belligérants du projet ? Telle est la problématique. Ce projet national est d’une telle envergure que la société Trans Canada se doit d’écouter tous les acteurs et parties prenantes qui sont impliqués plus ou moins dans le projet. Chaque voix, chaque avis, chaque problématique ont une importance capitale si le projet veut arriver un jour à son terme. De manière personnelle, je pense que si une entreprise écoute toutes les parties prenantes inhérentes à un projet, cette écoute peut constituer un atout majeur de communication et un facteur de croissance important pour toute société désireuse de se lancer dans un challenge aussi élevé.
    Il s’agit d’un projet collectif.
    Comme l’a dit Monsieur Sauvé dans son livre« […] la vie dans une société démocratique commande que tous les acteurs sentent qu’ils ont légitimement voix au chapitre et qu’ils sont encouragés à exprimer cette voix. ». L’entreprise doit multiplier ses actions de sensibilisation et d’information auprès de la population Canadienne, et en particulier auprès de la population québécoise qui est, dans la majorité, la plus réfractaire au projet.
    Chaque citoyen doit avoir le sentiment d’être écouté, d’être compris et d’être entendu.
    En outre, ces campagnes peuvent se matérialiser de plusieurs manières notamment en assurant une présence conséquente sur le web 2.0 et sur les réseaux sociaux qui sont fréquemment utilisés par la génération Y. D’autres actions sont possibles également pour se faire entendre par toute la population Québécoise.

    Prémisse 6 : « Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits. » » (Sauvé, 2010, p.83)
    Le débat et le dialogue se doivent d’être établis afin d’assurer une entente conséquente des différents acteurs du projet. C’est pourquoi j’ai choisi la prémisse n°6 qui, pour moi, constitue la suite logique de la prémisse n°3. Il s’avère qu’une majorité de la population Québécoise est réfractaire au projet. Selon la firme SOM, 57% des Québécois sont contre le projet (novembre 2015) alors que 70% y étaient favorables environ un an plus tôt. Nous sommes donc en droit de nous demander comment un tel revirement de situation est-il possible. De manière générale, il me semble qu’il soit impossible que tout le monde soit d’accord à l’unanimité sur un projet. Pour moi, cela n’existe pas et c’est impossible.
    Toutefois, je pense que le fait de se concerter sur le sujet est primordial et peut permettre à tous les acteurs du projet de s’entendre et d’y trouver leur propre compte. L’important est de savoir faire des concessions pour le bien de tous. Le dialogue et l’entente mutuelle sont le nerf de la guerre et se doivent de servir une cause qui concerne tout le monde, sans exception.

    Sources:
    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/26/001-energie-est-transcanada-trudeau-coderre.html
    (2) Sauvé Matthieu, Les relations publiques autrement, Presses de l’Université du Québec, 2010.
    (3) http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/461144/transcanada-est-une-entreprise-tres-arrogante-dit-coderre

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Pierre : la plupart des billets publiés ici font porter un très lourd poids – probablement d’ailleurs à juste titre – sur les épaules du promoteur du projet, TransCanada. Que TransCanada « mette de l’eau dans son vin » comme on l’a suggéré à plusieurs reprises est une chose souhaitable. Cependant, les citoyens devront aussi probablement être invités à faire certains compromis (comprenez-moi bien : aucun qui remette en question leur sécurité ou celle de ressources naturelles collectives comme l’eau). La conciliation de l’intérêt des différentes parties prenantes ne saurait, par définition, être une avenue à sens unique. Par ailleurs, je partage votre avis : la recherche de l’unanimité est un objectif clairement inatteignable. Cela étant, pourquoi ne pas chercher plutôt l’atteinte du consensus, ce qui veut dire – contrairement à ce que l’on en pense généralement – l’accord et le consentement de la majorité ou du plus grand nombre.

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  17. achour sofia

     /  2 février 2016

    Matthieu Sauvé, auteur d’un ouvrage publié en 2010 et intitulé « Les relations publiques autrement -Vers un nouveau modèle de pratique (2010) », a présenté des éléments en vue de construction d’un nouveau modèle de pratique de relations publiques. Ces éléments lui sont inspirés, pour une large part de la tradition épistémologique critique des relations publiques.
    Dans cette perspective, les problèmes sociaux sont abordés en termes de constructions sociales ¬¬(DELCOURT (1)), de la part de ceux qui les créent en étant à l’origine d’une situation ou d’un comportement dérangeant, de la part de ceux qui les subissent ou en pâtissent, comme aussi de ceux qui de l’extérieur les perçoivent, les étudient et dans certains cas, les traitent….
    Ainsi, nous allons tenter de confronter les 7 prémisses présentés par Matthieu Sauvé comme une base pour l’émergence d’un modèle de pratique des relations publiques au plan adopté par la société de relation publique EDELMAN pour faire accepter par la société canadienne le projet du pipeline.
    Prémisse n°1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand
    Le discours TransCanada n’est pas axé sur le seul volé de retombées économiques, il est aussi question de sécurité et d’environnement. En effet, protéger le public et l’environnement est un principe fondamental pour TransCanada affirme elle.
    La compagnie a fait aussi ressortir de façon objective et crédible les importantes retombées économiques attendues du projet.
    Je pense que la compagnie a respecté cette prémisse. Quant à la véracité de ses déclarations, le gouvernement est habilité pour mettre en place un cahier de charge stricte et veiller à son respect par la compagnie.
    Prémisse n°2 : La société est un ensemble en perpétuelle reconstruction
    A travers l’historique communicationnel de TransCanada, nous pouvons constater que la société s’est adaptée aux différents contextes et événements. De la tragédie ferroviaire de lac Megantic impliquant l’explosion d’une quarantaine de wagons chargés de pétrole, le 6 juillet 2013 à la date du 5 Novembre 2015 où la société a détaillé le nouveau tracé de son tuyau, la société a toujours fait preuve d’interactionnisme.
    Je pense que là aussi la Compagnie a respecté cette prémisse.

    Prémisse n°3 Le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité
    Depuis trois ans que le débat est ouvert toutes les parties prenantes avancent leurs arguments et la compagnie réagit rapidement. Lorsque le journal MATCH a publié le scandale de chantage fait aux porte-paroles des organisations adverses, la compagnie a adopté une stratégie de relation publique de crise. Elle a rompu son contrat avec la société de relation publique Edelman, présentée comme seule responsable de ce grave fait, puis elle a présenté ses excuses au public tout en promettant de changer sa politique communicationnelle.
    Là aussi je pense que la compagnie a respecté cette prémisse. On reconnaissant la grave erreur commise par la plus grande société de relation publique au monde, la compagnie a montré que les discours de tous les acteurs sont valides à la condition de prouver leur véracité.
    Prémisse n°4 : La liberté de formuler un discours doit s’accompagner de la reconnaissance du fait que celui-ci peut légitimement être critiqué ou déconstruit
    On s’invitant à tous les débats initiés par toutes les parties prenantes la compagnie, s’expose à toutes les critiques. Elle avance ses actions pour optimiser les risques sachant qu’il n’y a pas de risque zéro dans un tel mégaprojet.
    Là aussi je pense que la compagnie respecte cette prémisse. En reconnaissant l’existence d’un risque, la compagnie accepte les critiques et trouve les motifs pour les déconstruire.
    Prémisse n°5 : Toutes les parties prenantes sont en droit de considérer que leurs intérêts ont une valeur intrinsèque
    Le débat sur le projet a duré plus de trois ans et les sondages faits régulièrement montrent l’évolution de l’opinion publique sur le projet.
    Là aussi, je pense que cette prémisse est respectée. L’adoption ou le rejet final du projet aura été fait sur la base de l’implication de toutes les parties prenantes. Il y aurait eu une volonté commune de tous les acteurs pour atteindre une sorte de consensus sur l’intérêt collectif.
    Prémisse n°6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.
    Une décision sur un tel projet ne saurait être prise unilatéralement même pas par le pouvoir politique. La liberté d’expression est donnée à chacune des parties prenantes pour apporter la meilleure des solutions aux problèmes qui se posent et tirer profit de la réalisation du projet.
    Là aussi cette prémisse est respectée. D’ailleurs, Justin Trudeau a clairement fait savoir que c’est aux parties prenantes de trouver un consensus(2).
    Prémisse n° 7 : Les praticiens des relations publiques les relationnistes ont un rôle social à jouer qui dépasse les cadres techniques de leurs pratiques.
    A mon humble avis cette prémisse est la plus pertinente pour expliquer l’échec des relations publiques de la compagnie et pour faire accepter le projet par les parties prenantes. En effet, que ces relationnistes avancent l’argument économique que ce projet peut apporter plus de 50 milliards de dollars en 20 ans à une société riche ne tient pas debout. D’ailleurs, la richesse du Canada s’est faite par le travail de son peuple et non pas par des pétrodollars. Prenons exemple de la révolution tranquille du Québec modèle dans l’espace francophone s’est faite par le savoir pas et par les pétrodollars. De plus que la protection de la nature et la lutte contre la déforestation est le fait d’organisations désintéressées de l’aspect pécuniaire.
    Ce que réclame la société, c’est de mettre fin à la dépendance au pétrole. Voilà ce que devraient exploiter les chargés de relations publiques de la compagnie. Il faut donc réserver une part des bénéfices de la compagnie et de la rente pétrolière à la recherche scientifique et à la mise en place de projet d’énergies renouvelables, énergie éolienne, hydrauliques et autres projets respectueux de la nature. De même qu’il faut rassurer la population sur l’utilisation de cette magne financière et sa répartition équitable sur toutes les couches de la population.
    Ainsi, les praticiens des relations publiques occupent une place de choix dans leur organisation et dans la société. Il est dans leur pouvoir de contribuer activement à remonter l’information et les soucis de la société.
    1-
    http://classiques.uqac.ca/contemporains/dorvil_henri/approches_theoriques/approches_theoriques.doc
    2-
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/26/001-energie-est-transcanada-trudeau-coderre.shtml

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Sofia : très intéressante analyse sur la base des sept prémisses soumises à la discussion, bien que je diverge de point de vue ici et là. Je serais d’ailleurs curieux de lire ce qu’en pensent vos confrères et vos consœurs de classe. Pour employer une expression de mise ici, vous avez vraisemblablement « fait vos devoirs ». Par ailleurs, bien que ceci ne soit pas le sujet principal des échanges, je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant que « Ce que réclame la société, c’est de mettre fin à la dépendance au pétrole. » C’est sans doute vrai, à tout le moins philosophiquement. J’ai déjà évoqué le fait, en réponse à un de vos collègues, que l’être humain en était un de contradictions. C’est probablement ce qui fait qu’il veut mettre fin à sa dépendance au pétrole, au moment où les ventes d’automobiles et véhicules utilitaires sport connaissent des taux de croissance pour le moins étonnants. C’est sans doute la faute de son voisin… ;-)

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  18. Audrée Anne Gélinas

     /  2 février 2016

    TransCanada a fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis sa sortie médiatique non prévue en 2014, lors du dévoilement de ses stratégies de communication très suspectes. Un projet d’envergure comme celui d’Énergie Est ancré dans l’une des industries les plus réglementées pose des enjeux communicationnels importants.
    Comme l’a mentionné M. Litalien lors du cours de la semaine passée, nous n’avons aucune référence de « relations publiques » fait par des compagnies dites « intermédiaires » comme celle de TransCanada. Il faut se rappeler que TransCanada ne s’occupe pas du pétrole et de sa distribution, mais bien de son transport. Ainsi, ce type de compagnie, qui nous est souvent inconnu, devrait avoir un seul but et c’est de se faire connaître, au-delà d’une annonce dans le journal. Je crois que les désaccords des citoyens viennent surtout du fait que nous ne connaissions pas la compagnie et que celle-ci veut nous imposer un projet, sans se présenter convenablement.
    Donc, TransCanada a davantage de se tourner vers une approche sociale des relations publiques pour améliorer ces relations et éventuellement conduire un vrai dialogue avec les parties prenantes. Ainsi, deux prémisses devraient être considérées par la compagnie au sujet de son projet Énergie Est.

    Prémisse 3 : Le discours de tous les acteurs peut prétendre à la validité.
    Il semble que la compagnie ne s’intéresse pas aux préoccupations des parties prenantes ou du moins ne donne aucune valeur à celles-ci.
    Pourtant, les parties prenantes essaient désespérément de se faire entendre, même que le ministre de l’Environnement David Heurtel a écrit une lettre indiquant des conditions essentielles à respecter avant l’implantation du projet au Québec. Mais, « TransCanada […] refuse de la commenter. La compagnie a déjà fait savoir qu’elle a de sérieux doutes sur la pertinence d’une évaluation environnementale québécoise (1)», ce qui confirme que la compagnie ne prétend pas la validité du discours du gouvernement québécois. Je crois que c’est une grave erreur, puisqu’un refus comme celui-ci peut être interprété par les autres parties prenantes comme des actions hostiles faites par une compagnie fermée aux discussions.
    Pourtant, plusieurs actions peuvent être fait de sa part pour créer une relation saine et ainsi considérer les discours des acteurs somme légitime serait un bon départ.
    Ainsi, la compagnie pourrait par exemple développer une plateforme de Question/Réponse (Q & A) qui est collée aux objectifs des parties prenantes et ceux de l’organisation pour alors créer un dialogue et permettre aux parties prenantes de croire que leurs intérêts sont considérés.

    Prémisse 5 : Toutes les parties prenantes sont en droit de considérer que leurs intérêts ont une valeur intrinsèque.
    Il apparaît que les points sur lesquels TransCanada base leurs communications (sécurité et environnement, ouverture et transparence, retombées économiques) ne répondent pas exactement aux inquiétudes et intérêts des citoyens québécois touchés par le projet (2). Les informations véhiculé par TransCanada ne sont pas exactes, elles sont floues et les Québécois ne voient pas les bénéfices. Donc, pour remédier à tout cela, la compagnie aurait intérêt à considérer réellement les intérêts des parties prenantes.
    Comme le mentionne M. Sauvé, « il n’existe dès lors aucun motif qui permette de porter un jugement équivalent à nier la valeur des intérêts des parties prenantes ».
    De plus, elle a les moyens financiers pour effectuer des actions pertinentes et visibles aux yeux des parties prenantes. L’entreprise peut investir dans des études sérieuses, pour soutenir une cause qui parle réellement à la collectivité. Les dirigeants peuvent réfléchir à des programmes de commandites pour ainsi créer une relation avec la communauté et faire connaître leurs valeurs.

    Mais une question reste, et j’aimerais bien avoir l’opinion de M. Sauvé ; est-ce une utopie de croire que « les relations publiques sont une fonction de communication qui vise à faciliter la mise en place et la conduite d’un dialogue authentique entre toutes les parties prenantes » ? Dans une société (au Québec du moins) comme la nôtre, où la démocratie est prônée et où la liberté d’expression est une chose acquise pour tous, j’ai l’impression de vouloir être équitable avec toutes les parties prenantes est un travail sans fin et jamais réellement accompli.

    Source :
    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/11/19/004-port-petrolier-cacouna-conditions-heurtel-quebec-transcanada.shtml
    (2) http://www.equiterre.org/fiche/projet-oleoduc-energie-est-transcanada

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Andrée Anne : les huit dernières lignes de votre billet vont droit au cœur de mes réflexions professionnelles. Est-ce que je crois que « les relations publiques sont une fonction de communication qui vise… »? Est-ce une utopie? À l’heure précise où nous partageons nos points de vue, probablement, notamment en raison du fait que plusieurs entreprises croient encore que leur voix devrait occuper une position hégémonique dans l’ordre social, i.e. primer sur toutes les autres. Des collègues relationnistes souscrivent eux aussi à cette position, ce qui, mis ensemble, nous promet une longue route. Cela dit, d’autres entreprises ont compris que le monde changeait et qu’elles devaient s’adapter, ce qu’elles réussissent tout en étant admirées comme citoyens corporatifs et en faisant des profits… comme quoi le dialogue avec les parties prenantes n’est pas synonyme de faillite, n’en déplaise aux esprits chagrins. Cela dit, j’en suis venu à cette vision du rôle des RP après avoir pris note, pendant des années, de tous les défauts et de toutes les antinomies que véhicule le modèle dominant de pratique du métier. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous suggère la lecture du chapitre 3 de mon petit bouquin. Vous comprendrez rapidement ce que je veux dire. Dans toute éventualité, je me plais à croire que c’est vers un modèle plus authentiquement citoyen que les RP devront évoluer, ne serait-ce que pour être en phase avec la marche du monde et ses changements. Ce sera long, mais avons-nous le choix? Autrement, nous nous condamnerons à perpétuer une pratique qui prouvera son inutilité un peu plus chaque jour. Rappelons-nous qu’il y a un siècle, c’était très payant de gagner sa vie en fabricant des fers à cheval. Est-ce ce que nous voulons faire?

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      • Marilène D.

         /  2 février 2016

        M. Sauvé, je me permets d’ajouter : pourquoi pas un ordre professionnel pour encadrer la profession et voir à la protection du public ? Marilène D.

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  19. Annabelle Prévost

     /  2 février 2016

    Selon Sauvé 2010, le modèle social des relations publiques préconisent une communication multidirectionnelle servant l’ensemble des parties prenantes. Dans cette optique, le modèle social repose sur sept prémisses. Évidemment, dans le cadre d’un projet de grande envergure comme Énergie Est, prioriser l’ensemble des prémisses propre au modèle social est souhaitable, mais demeure difficile. Ainsi, il s’avère pertinent d’identifier les prémisses dont la priorisation est essentielle. Dans le cas du projet Énergie Est, prioriser les prémisses #3 et #5 semble être l’option la plus pertinente dans le cadre d’une approche des relations publiques conforme au modèle social.(1)

    D’une part, selon Sauvé 2010, la prémisse #3 repose sur le fait que le discours tenu par chaque acteur peut prétendre à la validité. Précisément, cette prémisse suppose l’existence de la multiplicité des interprétations d’un même message et/ou d’une même réalité admettant la prétention de la validité du discours de tous les acteurs. (2) Dans le cadre du projet Énergie Est, TransCanada, les ministères concernés, les organismes environnementaux, les travailleurs et les associations citoyennes ne tiendront bien évidemment pas le même discours, car ces acteurs perçoivent et interprètent la réalité différemment. En effet, certains interprètent le projet en fonction des retombées économiques potentielles alors que d’autres s’inquiètent des conséquences néfastes sur l’environnement et sur la santé publique qu’un projet comme Énergie Est peut avoir. (3) Or, ces discours peuvent tous prétendre à la validité. Ainsi, pour le bien-être de l’ensemble des parties prenantes, prioriser cette prémisse s’avère indispensable. (4)

    D’autre part, la prémisse #5 reconnaît l’existence de la valeur intrinsèque des intérêts de toutes les parties prenantes. Ainsi, les relations publiques doivent repose sur l’établissement d’un dialogue incluant l’intégralité des parties prenantes afin d’atteindre un consensus en ce qui concerne l’intérêt collectifs des acteurs en présence. (5) Dans cette optique, des tables de concertations inclusives devraient avoir lieu dans le cadre du projet Énergie Est.(6) Ces discussions représentent l’une des meilleures façons d’atteindre un consensus compte tenu des intérêts fortement divergents de certains acteurs du projet. En effet, certains acteurs dont TransCanada défendent des intérêts économiques alors que plusieurs associations et organismes défendent des intérêts environnementaux et écologiques.(7)

    (1)SAUVÉ, Matthieu. «Vers un nouveau modèle de pratique», Les relations publiques autrement vers un nouveau modèle de pratique, Presses de l’Université du Québec, Québec, 2010, p.71-87.
    (2) Ibid.
    (3)TRAVERSE, Emmanuelle. «Énergie Est : du rêve à la réalité», Radio-Canada, En ligne, Consulté le 2 février 2016.
    URL : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/28/001-energie-est-analyse-latraverse-emmanuelle-parti-liberal-trudeau.shtml
    (4)SAUVÉ, Matthieu. «Vers un nouveau modèle de pratique», Les relations publiques autrement vers un nouveau modèle de pratique, Presses de l’Université du Québec, Québec, 2010, p.71-87.
    (5) Ibid.
    (6) Ibid.
    (7)TRAVERSE, Emmanuelle. «Énergie Est : du rêve à la réalité», Radio-Canada, En ligne, Consulté le 2 février 2016.
    URL : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/28/001-energie-est-analyse-latraverse-emmanuelle-parti-liberal-trudeau.shtml

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Annabelle : excellente lecture de la prémisse 3, dans billet court et très efficace !

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  20. Léanne Beaulieu

     /  2 février 2016

    Le projet des pipelines de TransCanada soulève continuellement oppositions et questionnements. La gestion du département communicationnel de ce dernier devient donc primordiale. Bien que dans son document : «L’acceptabilité sociale : L’approche de TransCanada» mentionne maintes fois la prise en compte des parties prenantes, la réalité est tout autre. Cette compagnie aurait avantage à adapter ses méthodes communicationnelles à l’approche sociale, et particulièrement aux deux prémisses suivantes.

    Prémisse #1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.

    Cette prémisse met de l’avant l’importance de l’intérêt collectif, entres autre par l’idée de société comme « projet démocratique », donc l’importance de chacun et l’absence de pression autoritaire de la part d’une organisation. Non seulement des relations égalitaires doivent exister, mais elles doivent aussi se former au travers d’une communication multidirectionnelle qui mènera à « l’émergence d’une compréhension commune de la situation. » En ce sens, comme le projet de TransCanada demeure mitigé, l’entreprise devrait se positionner, non pas en position d’autorité et d’hégémonie, mais plutôt comme un acteur prenant compte des intérêts collectifs. Ainsi le développement d’une situation de coopération et de médiation sera possible entre cette organisation et les multiples acteurs touchés par les pipelines. Comme ce projet peut possiblement affecter l’environnement, les citoyens entourant le passage des pipelines et bien plus encore, il serait primordial pour TransCanada de considérer davantage le bien commun que la valeur marchande du projet.

    Prémisse #6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.

    Le projet de pipeline ne fait pas l’unanimité chez les multiples parties prenantes concernées, puisque ces dernières défendent divers intérêts. Selon Sauvé, et sa conceptualisation du modèle social, TransCanada serait responsable d’«ajuster ses objectifs de manière à donner à chacun[es] d’[elles] une part équitable de satisfaction». Cette approche insinue alors un dialogue ouvert de la part de l’organisation ainsi que des acteurs touchés par le projet. Il demeure cependant difficile, considérant la situation actuelle, de croire qu’une telle discussion pourrait avoir lieu. Effectivement, l’entêtement de l’organisation rend mécontent plusieurs, dont le maire de Montréal, qui dénonce l’arrogance de TransCanada . La conciliation des intérêts des parties prenantes devient donc un absolu inatteignable pour l’instant. Force est d’admettre qu’ultimement, l’assouplissement de ton de la part de cette compagnie pourrait permettre un dialogue menant à des solutions profitables pour tous.
    Au final, il devient évident qu’un changement de cap vers une approche communicationnelle plus sociale serait que bénéfique pour TransCanada. Effectivement, comme le projet des pipelines touche directement la population et son intérêt collectif, ainsi que plusieurs autres acteurs, il s’avère inévitable de prendre en considération les attentes de chacun, et ce, pour s’assurer de l’acceptabilité du projet. Mais à quel moment est-il trop tard pour prendre une nouvelle direction avec les communications? De plus, jusque quand les têtes dirigeantes peuvent refuser de mettre de l’avant l’intérêt collectif et ainsi garder leur focus sur les avantages marchands pour la compagnie, ainsi que pour eux?

    Sources:

    http://www.fasken.com/files/Event/77daf562-545e-4f01-a393-aee35086be80/Presentation/EventAttachment/af8deef2-6287-4512-b9d6-2c0e146b9447/L%E2%80%99acceptabilit%C3%A9%20sociale%20-%20L%E2%80%99approche%20de%20TransCanada%20(John%20Van%20Der%20Put).pdf

    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/01/26/001-energie-est-transcanada-trudeau-coderre.shtml?isAutoPlay=1

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Léanne : votre dernière question appelle malheureusement une multitude de réponses. Jusqu’à quand, demandez-vous? Tant que les dirigeants seront payés des dizaines et des centaines de millions par année, tant qu’ils seront obligés de produire des résultats qui n’ont plus rien à voir avec l’économie de marché à chaque trimestre; tant que les pouvoirs publics continueront à céder au chantage des retombées économiques et s’entêteront à considérer que la vie en société est exclusivement un phénomène économique et non également politique et culturel (ainsi que l’explique bien Lacroix dans un ouvrage que je cite), etc. Cela dit, comme je l’ai mentionné dans ma réponse à votre consœur Andrée Anne, un nombre croissant d’entreprises fait la démonstration qu’il est possible d’avoir un modèle d’affaires qui repose sur un capitalisme intelligent, si je puis employer cette expression. N’oublions pas non plus qu’un autre modèle économique fleurit en toute discrétion partout à travers le monde et connaît un succès important depuis des décennies : le modèle coopératif. Je reste donc optimiste!

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  21. Tina Hectus

     /  2 février 2016

    Le cas Energie Est de TransCanada aurait du être un exemple parfait pour un modèle social…cependant cette dernière ne semble pas le réaliser. Un projet avec un si grand risque environnemental se doit de prendre en compte les inquiétudes de toutes les parties prenantes. Aujourd’hui le projet Energie Est fait face à une opposition tenace de la part de la Communauté métropolitaine de Montréal et de la province du Québec du à une communication superficielle et ouvertement arrogante. TransCanada ne semble pas se rendre compte que les habitants sont réellement inquiets et ne s’opposent pas uniquement pour le plaisir de s’opposer.

    1. La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.»
    A quoi nous sert-il d’avoir l’argent si l’on n’a pas la santé pourrait t-on répondre à TransCanada. Face aux risques environnementaux importants et durables qu’une fuite de pipeline pourrait occasionner les minces retombés économiques ne sont pas à la hauteur. J’ajouterais que même si ceux-là étaient à la hauteur cela ne suffirait. L’axe de communication économique choisit par TransCanada n’est définitivement pas le bon. En atténuant l’impact des risques environnementaux et en maximisant celui des retombés économiques TransCanada se fait passer pour une entreprise avide d’argent qui se moque pas mal des inquiétudes. Un des autres argument de TransCanada est de faire fonctionner l’économie canadienne en évitant au Québec d’importer son pétrole de l’étranger cependant la majorité du pétrole transporté par les pipelines sera destiné à l’exportation car les marchés extérieurs (notamment la Chine) l’achète plus cher… L’hypocrisie est bien trop flagrante pour être crue.

    6. Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.

    Il est impossible de satisfaire aux demandes de toutes les parties prenantes mais un terrain d’entente peut être trouvé et surtout le dialogue DOIT être engagé avec les parties prenantes rétissantes. Il ne faut surtout pas les ignorer. En effet comme le soulignait M. Coderre le 21 janvier lors d’une interview à Radio Canada « TransCanada n’a pas daigné […] venir nous voir » (1). Une énorme erreur est commise là. En effet le principal risque du projet TransCanada est environnemental. Les villes québécoise qui seront traversées par l’oléoduc encours des risques environnementaux majeurs du aux fuites des pipelines. La fuite de pétrole d’une pipeline neuve en juillet 2015 dans la province de l’Alberta montre les risques environnementaux sont réels. C’est donc légitimement que les habitants de la CMM doivent avoir des garanties en cas d’incident. Au lieu de bouder le sujet et d’appuyer son discours sur les retombés économiques favorables, TransCanada devrait comme le soulignait Denis Coderre « présenté son plan d’intervention en cas d’incident », (1) ce qu’elle n’a pas fait. A cela, faudrait-il rajouter que la démarche de TransCanada se doit d’être honnête et éviter les discours bien lissé qui ne font que produire de la défiance. TransCanada doit entendre les inquiétudes fondées et engager une démarche sincère envers les parties prenantes au lieu de réaliser des campagnes d’information superficielles et uniquement informatives. Elle ne doit pas informer mais discuter avec les principaux intéressés du risque environnemental et discuter des méthodes qui pourraient les diminuer. Il doit aussi être dit que le risque environnemental zéro n’existe pas et présenter un plan d’urgence et des garanties qui auront été mise en place avec les parties concernées. TransCanada devrait se rappeler que « Keystone XL, aux États-Unis, et Northern Gateway, en Colombie-Britannique, ont également avorté en raison de l’opposition locale. Visiblement, TransCanada n’apprend pas vite. » (2) L’actualité le 26 janvier 2016,

    1. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2016/01/21/001-transcanada-oleoduc-energie-est-opposition-montreal-laval-longueuil-repentigny.shtml

    2. http://www.lactualite.com/sante-et-science/environnement/le-pipeline-de-la-discorde-a-qui-la-faute/

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Tina : « Le cas Energie Est de TransCanada aurait du être un exemple parfait pour un modèle social ». Tellement vrai.

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  22. Amelie Giguere

     /  2 février 2016

    Depuis le lancement du projet Oléoduc Énergie Est, on a une amère impression que TransCanada s’est dotée de lignes de presse et qu’elle les martèle, peu importe la situation. Je n’ai pas l’impression que ses communications ont évolué au même rythme que le projet et il est clair que l’entreprise gagnerait (ainsi que la popularité de son projet) à revoir son discours. Selon moi TransCanada aurait intérêt à prioriser ses deux prémisses du modèle social des relations publiques.

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.

    Tel que l’a souligné Lacroix (2009, p. 158) « le bien commun n’est plus une valeur symbolique donnant un sens à l’activité sociale dans son ensemble, mais une composante essentielle de la coopération sociale et de la solidarité entre les membres d’une même communauté. » En ce sens, TransCanada aurait grandement intérêt à jouer les médiateurs dans le conflit est-ouest afin d’atténuer les tensions nationales. Au contraire, les dernières semaines elle a plutôt disparu de l’espace public, laissant les différentes parties prenantes s’attaquer publiquement. Ces attaques ont connues leur apogée sur les réseaux sociaux suite à l’opposition de Denis Coderre et des 82 municipalités membres de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). On est ici bien loin du concept de coopération sociale et de solidarité des parties prenantes. TransCanada devrait sortir de l’ombre et essayer de trouver un terrain d’entente afin de faire renaître l’unité nationale au sujet de ce projet. L’entreprise devrait également mettre plus en avant-scène lors de ces sorties publiques les aspects environnementaux et consultatifs des populations touchées par le projet et laisser un peu plus de côté les considérations économiques qui ne semblent pas unir et contenter les parties prenantes au sujet d’Énergie Est.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.

    Je suis d’avis, tout comme Ansoff (1968), que l’une des principales responsabilités de l’entreprise est d’ajuster ses objectifs de manière à donner à chacun des groupes une part équitable de satisfaction. Il est toujours difficile de contenter toutes les parties prenantes, mais dans ce cas précis du projet Énergie Est on a clairement l’impression que TransCanada a un fort parti pris pour les producteurs et leurs intérêts économiques. Elle fait valoir sur son site Internet qu’elle se soucie de la sécurité et de l’environnement, mais de leurs côtés, les environnementalistes ont un tout autre discours. Dans son mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), Greenpeace indique clairement que les intérêts environnementaux ne sont pas considérés à leur juste valeur « l’expansion et l’exportation des sables bitumineux est incompatible avec une économie saine, présente d’importants risques de déversements en contrepartie de maigres bénéfices, aggrave les impacts des changements climatiques et ne passe pas le test de l’acceptabilité sociale.» On voit ici un exemple clair d’une des parties prenantes du dossier pour qui les intérêts ne sont pas même partiellement satisfaits. On pourrait également en citer d’autres très facilement. Juste à penser aux intérêts des communautés autochtones qui ne n’étaient pas prises, jusqu’à très récemment, en considération. TransCanada devrait revoir ses objectifs en prenant compte des intérêts de toutes ses parties prenantes et réviser son discours en conséquence de manière à plaire, du moins partiellement, à toutes.

    Sources :

    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2016/01/25/002-energie-est-ambrose-unite-pays-coderre-environnement.shtml

    http://ici.radio-canada.ca/regions/alberta/2016/01/21/010-energie-est-denis-coderre-reactions-gouvernement-parti-wildrose-alberta.shtml

    http://www.journaldemontreal.com/2016/01/27/la-polemique-sur-energie-est–bonne-pour-la-souverainete

    http://blogues.radio-canada.ca/geraldfillion/2016/01/22/perequation-le-quebec-a-t-il-une-obligation-morale-de-dire-oui-a-energie-est/

    http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/Memoire–CONSULTATION-PUBLIQUE-SUR-LE-PROJET-DOLEODUC-ENERGIE-EST-DE-TRANSCANADA/

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  23. Marilène D.

     /  2 février 2016

    Cette histoire de pipeline de TransCanada soulève des passions à un point tel que nous sommes en train de nous égarer dans un débat sur l’unité nationale! Cette histoire, pas très poétique, n’est surtout pas éthique pour les communautés…

    Les prémisses du modèle social de pratique de relations publiques proposé par Matthieu Sauvé peuvent nous aider à y voir plus clair. D’abord, à la source du nouveau modèle qu’il propose, il y fait une réflexion sur l’éthique publique et la place relative qu’occupe la sphère économique dans la vie sociale : « […] l’éthique publique se fonde sur l’idée du projet démocratique en tant que projet inachevé qui dessine une perspective et les critères de conduite et de choix collectifs pour une société meilleure. » (Lacroix 2009, cité par Sauvé). Le cas de TransCanada semble à première vue aller à l’encontre des intérêts collectifs et plutôt nourrir des objectifs mercantiles.

    La prémisse 6 que Sauvé a mis de l’avant et qui sous-tend le modèle social explique que « toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits » . Sauvé explique en citant Ansoff (1968) pour qui une des principales responsabilités d’une entreprise est « de concilier les intérêts contradictoires des groupes qui sont en relation directe avec elle » et de veiller à ajuster ses objectifs « afin de donner à chacun d’eux une part équitable de satisfactions » (Bouché et Pesquieu, 2006). TransCanada avait la responsabilité sociale d’aller vers ces groupes.

    Nous sommes au cœur d’un problème d’éthique et de responsabilité sociale d’une organisation. Comme TransCanada n’a pas su ouvrir un réel dialogue, une discussion avec toutes les parties prenantes et expliquer les enjeux avec justesse et authenticité, les positions sur le sujet du pipeline se sont polarisées.

    Par ailleurs, selon la prémisse 7 de Sauvé « les praticiens des relations publiques ont un rôle social à jouer qui dépasse les cadres techniques de leur pratique », en ce sens, les relationnistes de TransCanada doivent jouer leur rôle à l’égard de la collectivité. Ils doivent être des facilitateurs d’un dialogue entre toutes les parties prenantes afin de protéger l’intérêt public. Les relationnistes de TransCanada occupent une position privilégiée pour jouer ce rôle et agir sur le discours de l’organisation qui s’inscrit « dans la société qui entoure cette organisation » et également pour pouvoir contribuer à la promotion de l’intérêt collectif auprès de TransCanada.

    Il n’est jamais trop tard pour entamer un réel dialogue et un « partage transparent de toute l’information pertinente ». Ritha Cossette parle de « parler-vrai » et « d’établissement de la confiance, centrale dans toutes les démarches de relations publiques » . La pratique des relations publiques doit servir à établir « un dialogue authentique, permanent et mutuellement profitable pour tous les acteurs en présence ». Il est encore temps d’amorcer une discussion pour arriver à une « vision de la situation partagée par tous les acteurs ainsi qu’à un consensus permettant d’apporter un niveau de satisfaction équitable aux attentes de toutes les parties ».

    SAUVÉ, Matthieu. Les relations publiques autrement : Vers un nouveau modèle de pratique, Presses de l’Université du Québec, 101 p.
    COSSETTE, Rita. Quelle éthique pour les relations publiques?, Presses de l’Université du Québec (article tiré de Les relations publiques dans une société en mouvance, MAISONNEUVE, Danielle, p.379.
    SAUVÉ, Matthieu. Les relations publiques autrement : Vers un nouveau modèle de pratique, Presses de l’Université du Québec, 101 p.

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Marilène : très intéressante, votre introduction des notions d’éthique publique, de responsabilité sociale et de confiance dans la discussion. La discussion ne saurait être menée à terme sans les prendre sérieusement en considération.

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  24. Isabelle Coutu

     /  2 février 2016

    La question posée précédemment par mon collègue Jean-Claude Bernier m’a particulièrement interpellée : est-ce que « un changement d’attitude de TransCanada ne serait-il pas plutôt vu comme une tentative de manipulation des parties prenantes » ? Cette question est pour moi révélatrice d’un problème encore plus profond auquel aura à faire face l’équipe de relations publiques de TransCanada : en ayant joué la carte de l’évitement pendant plusieurs semaines, la compagnie aura à faire dans les prochains mois des efforts colossaux afin de gagner ou de regagner la confiance des parties prenantes impliquées. En adoptant un modèle social et en démontrant qu’elle s’est en grande partie dissociée du modèle managérial, TransCanada aura ainsi une meilleure chance de convaincre les différentes parties qui s’opposent au projet Oléoduc Énergie Est, non toutefois sans peine. Deux approches devraient selon moi être priorisées pour y arriver :

    Prémisse no 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.

    Cette prémisse est tout particulièrement pertinente, considérant les grandes divergences d’opinions qui règnent entre les différentes parties prenantes concernées par le projet Énergie Est. En effet, un enjeu de taille s’immisce dans la stratégie de TransCanada : comment satisfaire à la fois les intérêts de l’Ouest et de l’Est du pays? Le « non » émit haut et fort par les 82 maires de la CMM témoigne d’ailleurs de l’insatisfaction qui existe dans l’Est du pays (1). En faisant valoir à toutes les parties prenantes que leurs opinions seront entendues, TransCanada sera en mesure de favoriser un climat d’échange plutôt qu’un climat de tension.

    Prémisse no 7 : Les praticiens des relations publiques – les relationnistes – ont un rôle social à jouer qui dépasse les cadres techniques de leur pratique.

    Bien que cette prémisse semble être peu probable dans la pratique de la gestion des relations publiques de TransCanada et du projet Énergie Est, je crois qu’elle est tout de même cruciale à la réussite de la prochaine stratégie mise en place. En effet, comment une organisation peut-elle clamer avoir à cœur le bien commun lorsque les professionnels de relations publiques travaillant sur le cas n’adhèrent pas au partage de ces valeurs? C’est d’ailleurs ce qui a été reproché à la firme Edelman (2), qui a priorisé une approche instrumentale au détriment de la responsabilité sociale qu’elle avait en tant que partie médiatrice entre TransCanada et la population. En assumant pleinement la responsabilité sociale qu’elle a, l’organisation pourra alors réellement entretenir un discours d’ouverture et de transparence.

    Sources :
    (1) http://quebec.huffingtonpost.ca/donald-charette/coderre-et-la-zizanie-canadienne_b_9065694.html
    (2) http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201411/26/01-4822739-energie-est-transcanada-se-separe-de-la-firme-edelman.php

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    • Matthieu Sauvé

       /  2 février 2016

      @ Isabelle : en toute justice, votre énoncé « Bien que cette prémisse semble être peu probable dans la pratique de la gestion des relations publiques de TransCanada » aurait pu s’arrêter après « relations publiques ». Pourquoi? Simplement parce que, comme je l’ai mentionné plus tôt, la vision du métier que je propose avec la prémisse 7 – et en laquelle je continue de croire profondément – est loin de faire l’unanimité auprès des relationnistes eux-mêmes. Pour les opposants à cette vision, nous ne sommes pas les gestionnaires de ces entreprises et les décisions de gestion ne sont pas de notre ressort (si j’étais sarcastique, j’ajouterais que les tenants de cet argument sont pourtant les mêmes qui se complaisent dans la vision qui veut que les RP soient une fonction de gestion… mais bon, on n’est pas ici pour rire ;-) En ce qui me concerne, c’est à partir de ça, entre autres, que j’ai envisagé un rôle plus « social » pour les RP. Mon seul regret, d’ailleurs, est de ne pas avoir eu le temps de poursuivre mes recherches au doctorat pour tenter de mesurer précisément quel accueil ces propositions recevraient auprès du milieu des RP et des membres de la haute direction des entreprises. Avec un peu de chance, un ou une collègue se lancera peut-être dans cette aventure!

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  25. ameliegig

     /  2 février 2016

    Depuis le lancement du projet Oléoduc Énergie Est, on a une amère impression que TransCanada s’est dotée de lignes de presse et qu’elle les martèle, peu importe la situation. Je n’ai pas l’impression que ses communications ont évolué au même rythme que le projet et il est clair que l’entreprise gagnerait (ainsi que la popularité de son projet) à revoir son discours. Selon moi TransCanada aurait intérêt à prioriser ses deux prémisses du modèle social des relations publiques.

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.

    Tel que l’a souligné Lacroix (2009, p. 158) « le bien commun n’est plus une valeur symbolique donnant un sens à l’activité sociale dans son ensemble, mais une composante essentielle de la coopération sociale et de la solidarité entre les membres d’une même communauté. » En ce sens, TransCanada aurait grandement intérêt à jouer les médiateurs dans le conflit est-ouest afin d’atténuer les tensions nationales. Au contraire, les dernières semaines elle a plutôt disparu de l’espace public, laissant les différentes parties prenantes s’attaquer publiquement. Ces attaques ont connues leur apogée sur les réseaux sociaux suite à l’opposition de Denis Coderre et des 82 municipalités membres de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). On est ici bien loin du concept de coopération sociale et de solidarité des parties prenantes. TransCanada devrait sortir de l’ombre et essayer de trouver un terrain d’entente afin de faire renaître l’unité nationale au sujet de ce projet. L’entreprise devrait également mettre plus en avant-scène lors de ces sorties publiques les aspects environnementaux et consultatifs des populations touchées par le projet et laisser un peu plus de côté les considérations économiques qui ne semblent pas unir et contenter les parties prenantes au sujet d’Énergie Est.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.

    Je suis d’avis, tout comme Ansoff (1968), que l’une des principales responsabilités de l’entreprise est d’ajuster ses objectifs de manière à donner à chacun des groupes une part équitable de satisfaction. Il est toujours difficile de contenter toutes les parties prenantes, mais dans ce cas précis du projet Énergie Est on a clairement l’impression que TransCanada a un fort parti pris pour les producteurs et leurs intérêts économiques. Elle fait valoir sur son site Internet qu’elle se soucie de la sécurité et de l’environnement, mais de leurs côtés, les environnementalistes ont un tout autre discours. Dans son mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), Greenpeace indique clairement que les intérêts environnementaux ne sont pas considérés à leur juste valeur « l’expansion et l’exportation des sables bitumineux est incompatible avec une économie saine, présente d’importants risques de déversements en contrepartie de maigres bénéfices, aggrave les impacts des changements climatiques et ne passe pas le test de l’acceptabilité sociale.» On voit ici un exemple clair d’une des parties prenantes du dossier pour qui les intérêts ne sont pas même partiellement satisfaits. On pourrait également en citer d’autres très facilement. Juste à penser aux intérêts des communautés autochtones qui ne n’étaient pas prises, jusqu’à très récemment, en considération. TransCanada devrait revoir ses objectifs en prenant compte des intérêts de toutes ses parties prenantes et réviser son discours en conséquence de manière à plaire, du moins partiellement, à toutes.

    Sources :

    (1) http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2016/01/25/002-energie-est-ambrose-unite-pays-coderre-environnement.shtml

    (2) http://ici.radio-canada.ca/regions/alberta/2016/01/21/010-energie-est-denis-coderre-reactions-gouvernement-parti-wildrose-alberta.shtml

    (3) http://www.journaldemontreal.com/2016/01/27/la-polemique-sur-energie-est–bonne-pour-la-souverainete

    (4) http://blogues.radio-canada.ca/geraldfillion/2016/01/22/perequation-le-quebec-a-t-il-une-obligation-morale-de-dire-oui-a-energie-est/

    (5) http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/Memoire–CONSULTATION-PUBLIQUE-SUR-LE-PROJET-DOLEODUC-ENERGIE-EST-DE-TRANSCANADA/

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    • Matthieu Sauvé

       /  3 février 2016

      @ Amélie : voyons les choses en face, la stratégie de communication de TransCanada est – jusqu’à nouvel ordre – une catastrophe. Jusqu’ici, l’entreprise a 1) donné l’impression de vouloir simplement manipuler le public, 2) refusé de prendre acte publiquement de l’importance des enjeux en cause avec son projet et 3) n’a fait valoir que le (pitoyable dans ce cas-ci) argument des retombées économiques. Encore une fois, j’ai l’impression d’entendre le vieux discours « Ce qui est bon pour TransCanada (en fait, GM dans la version originale) est bon pour l’Amérique ». Le décalage entre la perspective de l’entreprise et la réalité sociale est impressionnant. Cela étant, votre suggestion de faire jouer à l’entreprise un rôle de médiation est plus qu’intéressante.

      Répondre
  26. Stéphanie Côté

     /  2 février 2016

    L’utilisation de pipeline dans l’économie canadienne n’est pas un fait nouveau. En effet, le premier construit au Canada remonte à 1853 dans la ville de Trois-Rivières (1). Il va de soi d’avancer que les relations publiques face à l’instauration d’un tel projet ont grandement évolué depuis.

    C’est en 2014 que TransCanada soumet son projet de Pipeline, projet traversant d’ouest en est le territoire canadien (de l’Alberta au Nouveau-Brunswick). On parle ici d’un peu plus de 4 600 kilomètres d’oléoduc transportant quotidiennement 130 millions de litres de pétrole brut.

    Vu l‘ampleur économique et géographique, les parties prenantes y sont nombreuses : Organismes, groupes, associations, entreprises, citoyens, Premières Nations, strates politiques et bien plus encore. À son annonce, les positions des certaines des parties prenantes n’étaient pas aussi polarisées qu’à ce jour. Prenons à cet exemple la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui a tenu une consultation publique sur son territoire pour finalement se positionner contre le projet en janvier dernier(2). Un autre exemple pourrait être celui de la province de l’Ontario qui elle aussi a tenu des consultations publiques sur le projet pour finalement se positionner en faveur du projet aussi en janvier dernier(3).

    Les principaux opposants centrent majoritairement leur argumentaire sur quatre points de vue: « économique, social, environnemental et de la sécurité publique(4)».Face au remous des dernières semaines, l’entreprise aurait avantage à revoir ses angles de communication ainsi que sa stratégie de relation publique pour être en mesure compléter son projet. Différentes prémisses du modèle social des relations publiques établies par Matthieu Sauvé pourraient être prises en compte pour orienter les futures relations publiques entreprises par TransCanada :

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.
    Ce n’est pas tout de croire que puisque son projet rapporte à l’économie canadienne, qu’il est de ce fait acceptable pour tous. Considérant l’étendue du projet et donc le grand nombre de parties prenantes impliquées il est important de prendre d’autres aspects que l’économie en compte. Surtout en ce qui concerne la population québécoise, encore marquée par l’incident de Lac -Mégantic en 2013. Cet accident, relié à l’industrie du pétrole et à la mal gestion d’une compagnie pour une question de profits, a probablement dans ce dossier, mis de l’avant le bien commun comme étant la sécurité publique AVANT les questions de profit albertain. Nous pourrions pu aussi nommer à titre d’exemple le pipeline de TransCanada ayant explosé en septembre dernier au Manitoba (5).

    Aussi, TransCanada semble avoir négligé la notion de communauté et de volonté de coopération en refusant l’invitation des parties prenantes à prendre part à leurs consultations publiques (6). De ce fait, TransCanada aurait avantage à prendre une part plus active au sein des échanges sur les plateformes publiques et d’user davantage de médiation dans son approche pour ainsi faire passer son projet de l’espace marchand à public. Surtout dans un contexte où les sondages révèlent que la majorité des Québécois s’opposent au projet (7).

    Prémisse 2 : La société est un ensemble en perpétuelle reconstruction
    De par les interactions des différents partenaires entre eux, certaines positions ont évolué dans le temps. Nous pourrions reprendre ici l’évolution du positionnement sur le projet de la CMM ou de l’Ontario suite à leurs consultations publiques.

    Aussi, le contexte d’implantation du projet d’oléoduc était bien différent en 2014 qu’en 2016. En effet, la société canadienne a subi de grandes mouvances sur son identité. Le contexte n’est plus le même :
    – le dollar canadien est à son plus bas niveau depuis des années et le baril de pétrole est à son plus bas prix ce qui dévalue les revenus probables du projet et crée une grande insécurité chez certaines parties prenantes
    – Le gouvernement fédéral n’est plus le même, le premier ministre Trudeau, un libéral, entend accorder une plus grande importance à l’environnement alors que le premier ministre Harper, un conservateur, a préféré miser pendant 10 ans sur l’économie pétrolière.
    – Le Canada s’est engagé en décembre dernier à réduire sa production de GES lors de la COP21, alors que celui-ci s’était retiré de la lutte contre les changements climatiques dans la dernière décennie. La COP21, ou plus de 150 leaders mondiaux étaient conviés, est considérée par plusieurs comme étant un « accord historique sur le climat ». Le grand apport du Canada à cette conférence a mis sur table un contexte environnemental défavorable à l’annonce de l’augmentation de la production de pétrole au Canada. En effet, de permettre un tel projet semble donc pour certaines parties prenantes contradictoires.
    De ces différentes interactions entre l’annonce du projet et son déroulement à ce jour, il est donc essentiel que TransCanada adapte son message aux mouvances de la société canadienne. TransCanada gagnerait ainsi à prendre part et à adapter son projet en fonction de ces reconstructions de la société, souvent le produit des interactions entre les parties prenantes.

    Les dernières nouvelles démontrent que la compagnie a déjà entrepris une réorientation de ses relations publiques via l’annonce d’une « importante entente qui profitera à l’économie du Québec » lors d’une conférence de presse le 3 février prochain(10). Les rumeurs présentent sur la « twittospère » parlent d’annonce de création d’emplois supplémentaires au Québec.

    De nombreuses étapes se dressent encore d’ici le refus total ou l’acceptation du projet Énergie Est de TransCanada. Rendez-vous en 2018 devant les consultations de l’ONÉ pour savoir si TransCanada aura été en mesure d’adapter ses relations publiques!

    1- http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/20160121_transCanada_RapportConsultation.pdf
    2- http://cmm.qc.ca/fr/actualites/derniere-nouvelle/oleoduc-energie-est-de-transcanada-la-cmm-soppose-au-projet/
    3- http://www.ontarioenergyboard.ca/html/oebenergyeast/have_your_say_fr.cfm#.VrAmAbIrKUn
    4- http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2016/01/21/001-transcanada-oleoduc-energie-est-opposition-montreal-laval-longueuil-repentigny.shtml.it
    5- http://www.journaldemontreal.com/2015/09/06/un-pipeline-de-transcanada-explose-pres-demerson-au-manitoba
    6-http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/20160121_transCanada_RapportConsultation.pdf
    7- http://www.tvanouvelles.ca/2015/11/25/six-quebecois-sur-10-sopposent-a-energie-est
    7- http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/10/20/053-elections-justin-trudeau-promesses-environnement-changements-climatiques-paris.shtml
    8- http://ici.radio-canada.ca/climat-paris-2015
    9- http://quebec.huffingtonpost.ca/david-suzuki/paris-cop21-oleoducs_b_9116056.html
    10- http://www.marketwired.com/press-release/-2093408.htm

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  27. Alors que les habitants de la Colombie-Britannique ont refusé Nothern Gateway et que les Américains ont refusé Keystone XL, les Québécois, le peuple mouton noir du Canada, se font aussitôt mépriser quand c’est à leur tour de dire non à un projet qui leurs fait Wash! Qu’ont-ils en commun ces projets pour compiler tant d’échecs ? Les entreprises pétrolières ont toutes ce même défaut ; vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer. Dans ce cas-ci, Trans Canada est le chasseur et les 82 municipalités québécoises sont les ours. Le Québec s’étant rapidement rendu compte d’être pourchassé par Trans Canada, freine abruptement le parcours du prédateur. Trans Canada se trouvant au pied du l’arbre, n’a d’autre choix que d’avoir des échanges qui semblent francs, pour en faire redescendre l’ours. Voici donc les deux prémisses que je propose à l’organisation pour engager la discussion avec la bête.

    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.
    La société québécoise est animée de diversité; elle aime débattre, donner son opinion, revendiquer, mais surtout être consultée sur tout. Elle se démarque par ses intérêts différents du reste du Canada, qui sont parfois économiques et d’autres fois davantage environnementaux ou à propos de la santé et de l’éducation. C’est pourquoi Trans Canada serait avantagé à voir le Québec comme une être entier plutôt qu’en une part de marché. Le Premier ministre Couillard s’est exprimé à ce sujet avec justesse, résumant la vision divergente du Québec relatée ci-haut : «Il faut rappeler que le projet, c’est du nouveau pipeline au Québec. Ailleurs, c’est du pipeline déjà existant. Il faut que les Canadiens d’ailleurs qu’au Québec comprennent que ce n’est pas la même chose».(1) C’est pourquoi qu’une seconde campagne d’information omniprésente et axée sur le débat, le partage d’opinions et les discussions franches riches en arguments, impliquant des personnes ressources accessibles et solides dans leurs chaussures, donnerait un ton bien moins maussade à ce projet, bien que les consultations publiques n’aient été peu fructueuses et la présence de portes-paroles de qualité presqu’inexistante dans la dernière année.(2) C’est en partie ce que propose le vice-président Québec et Nouveau-Brunswick d’Énergie Est(3), suite à l’invitation de M.Couillard «a être bien meilleur dans la façon d’expliquer et de démontrer son projet».(4) Trans Canada a donc intérêt de contribuer au bien-être collectif de la société québécoise.

    Prémisse 6 : Toutes les parties prenantes sont en droit de s’attendre à ce que leurs intérêts soient partiellement satisfaits.
    Le Québec est composé de nombreuses communautés qui entrent en compte dans le processus décisionnel du projet d’oléoduc Énergie Est. Les investisseurs, les peuples autochtones, les habitants et les maires des régions affectées, les industries pétrolières situées au Québec et finalement, l’ensemble de la population. Chacune de ses parties cherchent à tirer son épingle du jeu. «Le caucus iroquois craint la dévastation des terres», d’autres craignent la contamination des cours d’eau ou les faibles retombés économiques pour le Québec sous forme de péréquation…(5) Installer un dialogue avec ces groupes sans perdre complètement de vue leurs objectifs, puis consolider leurs attentes et leurs préoccupations permettra d’adapter les communications et ainsi, facilité ou favoriser l’acceptation du projet par les Québécois. C’est pourquoi le gouvernement va de l’avant et promet donc «une meilleure consultation des peuples autochtones, une participation accrue du public afin que l’acceptabilité sociale soit un facteur déterminant, des décisions basées sur les faits et la science et une évaluation des émissions de gaz à effets de serre entourant» ce type de projet.(6)

    Sources
    1-4-5 BOIVIN, Simon. Le Soleil. http://bit.ly/1SJGZyP
    2 TRANS CANADA. Oléoduc Énergie Est. http://eepl.tc/1UInBjt
    3 NORMAND, François. Les Affaires. http://bit.ly/1Kp3ztP
    6 LATRAVERSE, Emmanuelle. Radio-Canada. http://bit.ly/1P59IKx

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    • Matthieu Sauvé

       /  3 février 2016

      @ Vaaleeriz : adapter les communications, certes, mais également adapter le projet de telle sorte qu’il réponde minimalement aux attentes des parties prenantes surtout ;-)

      Répondre
  28. Stéphanie Côté

     /  3 février 2016

    L’utilisation de pipeline dans l’économie canadienne n’est pas un fait nouveau. En effet, le premier construit au Canada remonte à 1853 dans la ville de Trois-Rivières (1). Il va de soi d’avancer que les relations publiques face à l’instauration d’un tel projet ont grandement évolué depuis.
    C’est en 2014 que TransCanada soumet son projet de Pipeline, projet traversant d’ouest en est le territoire canadien (de l’Alberta au Nouveau-Brunswick). On parle ici d’un peu plus de 4 600 kilomètres d’oléoduc transportant quotidiennement 130 millions de litres de pétrole brut.
    Vu l‘ampleur économique et géographique, les parties prenantes y sont nombreuses : Organismes, groupes, associations, entreprises, citoyens, Premières Nations, strates politiques et bien plus encore. À son annonce, les positions des certaines des parties prenantes n’étaient pas aussi polarisées qu’à ce jour. Prenons à cet exemple la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui a tenu une consultation publique sur son territoire pour finalement se positionner contre le projet en janvier dernier(2). Un autre exemple pourrait être celui de la province de l’Ontario qui elle aussi a tenu des consultations publiques sur le projet pour finalement se positionner en faveur du projet aussi en janvier dernier(3).
    Les principaux opposants centrent majoritairement leur argumentaire sur quatre points de vue: « économique, social, environnemental et de la sécurité publique(4)».Face au remous des dernières semaines, l’entreprise aurait avantage à revoir ses angles de communication ainsi que sa stratégie de relation publique pour être en mesure compléter son projet. Différentes prémisses du modèle social des relations publiques établies par Matthieu Sauvé pourraient être prises en compte pour orienter les futures relations publiques entreprises par TransCanada :
    Prémisse 1 : La société est d’abord un espace public et non un espace marchand.
    Ce n’est pas tout de croire que puisque son projet rapporte à l’économie canadienne, qu’il est de ce fait acceptable pour tous. Considérant l’étendue du projet et donc le grand nombre de parties prenantes impliquées il est important de prendre d’autres aspects que l’économie en compte. Surtout en ce qui concerne la population québécoise, encore marquée par l’incident de Lac -Mégantic en 2013. Cet accident, relié à l’industrie du pétrole et à la mal gestion d’une compagnie pour une question de profits, a probablement dans ce dossier, mis de l’avant le bien commun comme étant la sécurité publique AVANT les questions de profit albertain. Nous pourrions pu aussi nommer à titre d’exemple le pipeline de TransCanada ayant explosé en septembre dernier au Manitoba (5).
    Aussi, TransCanada semble avoir négligé la notion de communauté et de volonté de coopération en refusant l’invitation des parties prenantes à prendre part à leurs consultations publiques (6). De ce fait, TransCanada aurait avantage à prendre une part plus active au sein des échanges sur les plateformes publiques et d’user davantage de médiation dans son approche pour ainsi faire passer son projet de l’espace marchand à public. Surtout dans un contexte où les sondages révèlent que la majorité des Québécois s’opposent au projet (7).
    Prémisse 2 : La société est un ensemble en perpétuelle reconstruction
    De par les interactions des différents partenaires entre eux, certaines positions ont évolué dans le temps. Nous pourrions reprendre ici l’évolution du positionnement sur le projet de la CMM ou de l’Ontario suite à leurs consultations publiques.
    Aussi, le contexte d’implantation du projet d’oléoduc était bien différent en 2014 qu’en 2016. En effet, la société canadienne a subi de grandes mouvances sur son identité. Le contexte n’est plus le même :
    – le dollar canadien est à son plus bas niveau depuis des années et le baril de pétrole est à son plus bas prix ce qui dévalue les revenus probables du projet et crée une grande insécurité chez certaines parties prenantes
    – Le gouvernement fédéral n’est plus le même, le premier ministre Trudeau, un libéral, entend accorder une plus grande importance à l’environnement alors que le premier ministre Harper, un conservateur, a préféré miser pendant 10 ans sur l’économie pétrolière.
    – Le Canada s’est engagé en décembre dernier à réduire sa production de GES lors de la COP21, alors que celui-ci s’était retiré de la lutte contre les changements climatiques dans la dernière décennie. La COP21, ou plus de 150 leaders mondiaux étaient conviés, est considérée par plusieurs comme étant un « accord historique sur le climat ». Le grand apport du Canada à cette conférence a mis sur table un contexte environnemental défavorable à l’annonce de l’augmentation de la production de pétrole au Canada. En effet, de permettre un tel projet semble donc pour certaines parties prenantes contradictoires.
    De ces différentes interactions entre l’annonce du projet et son déroulement à ce jour, il est donc essentiel que TransCanada adapte son message aux mouvances de la société canadienne. TransCanada gagnerait ainsi à prendre part et à adapter son projet en fonction de ces reconstructions de la société, souvent le produit des interactions entre les parties prenantes.
    Les dernières nouvelles démontrent que la compagnie a déjà entrepris une réorientation de ses relations publiques via l’annonce d’une « importante entente qui profitera à l’économie du Québec » lors d’une conférence de presse le 3 février prochain(10). Les rumeurs présentent sur la « twittospère » parlent d’annonce de création d’emplois supplémentaires au Québec.
    De nombreuses étapes se dressent encore d’ici le refus total ou l’acceptation du projet Énergie Est de TransCanada. Rendez-vous en 2018 devant les consultations de l’ONÉ pour savoir si TransCanada aura été en mesure d’adapter ses relations publiques!
    1- http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/20160121_transCanada_RapportConsultation.pdf
    2- http://cmm.qc.ca/fr/actualites/derniere-nouvelle/oleoduc-energie-est-de-transcanada-la-cmm-soppose-au-projet/
    3- http://www.ontarioenergyboard.ca/html/oebenergyeast/have_your_say_fr.cfm#.VrAmAbIrKUn
    4- http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2016/01/21/001-transcanada-oleoduc-energie-est-opposition-montreal-laval-longueuil-repentigny.shtml.it
    5- http://www.journaldemontreal.com/2015/09/06/un-pipeline-de-transcanada-explose-pres-demerson-au-manitoba
    6-http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/20160121_transCanada_RapportConsultation.pdf
    7- http://www.tvanouvelles.ca/2015/11/25/six-quebecois-sur-10-sopposent-a-energie-est
    7- http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/10/20/053-elections-justin-trudeau-promesses-environnement-changements-climatiques-paris.shtml
    8- http://ici.radio-canada.ca/climat-paris-2015
    9- http://quebec.huffingtonpost.ca/david-suzuki/paris-cop21-oleoducs_b_9116056.html
    10- http://www.marketwired.com/press-release/-2093408.htm

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  29. Matthieu Sauvé

     /  3 février 2016

    @ Marilène : je vous réponds ici puisqu’il semble que je ne peux pas le faire directement sous votre commentaire. Un ordre professionnel ? Je suis, à l’instar de plusieurs collègues, vigoureusement en faveur d’une telle initiative. Ses avantages seraient multiples et la profession ne s’en porterait que mieux. Encore là, cependant, il faudra vaincre plusieurs résistances, du côté même de certains de nos collègues relationnistes qui, pour des motifs qui m’échappent encore, ne sont pas d’accord (comment se tirer dans le pied…). Nous devons cependant être conscients d’une chose : ayant eu quelques ordres professionnels québécois comme clients, j’ai été aux première loges pour constater ce qu’implique la mise en place d’une telle organisation. On n’imagine pas le travail phénoménal que ceci requiert. Cela dit, ce n’est pas une raison pour baisser les bras avant d’avoir commencé le travail, il faudra bien s’y mettre un jour. Le collègue Michel Dumas a d’ailleurs publié sur le sujet il y a quelques années, soulignant au passage que les RP avaient généré la création d’ordres professionnels dans certains pays (vous m’excuserez, je ne me souviens pas précisément desquels ici).

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